avec une patrouille chargée de faire respecter le couvre-feu



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Il y a une semaine, le gouvernement a décrété pour 15 jours, renouvelables, le confinement total de Libreville et ses environs pour freiner la propagation du coronavirus. Si dans la journée il y a une présence humaine dans les rues, la nuit, l’armée appelée au renfort des policiers et gendarmes, ne tergiverse pas. Quasiment personne n’est toléré dans les rues entre 19h30 et 6 heures du matin.

Avec notre correspondant à Libreville,Yves-Laurent Goma

Il est 21 heures au PK 10, la patrouille commence. Au PK 11, un militaire, arme au poing, veille sur un barrage lors du couvre-feu et vérifie méticuleusement les accréditations. En effet, pour les métiers essentiels, un laissez-passer est délivré conjointement par les ministères de la Défense et de l’Intérieur.

Tous les 200 mètres, il y a un contrôle. À chaque fois, policiers, gendarmes ou militaires exigent le laissez-passer. On comprend alors pourquoi la ville est aussi calme.

« Vraiment, c’est comme si c’était une ville fantôme. Ça nous fait beaucoup peur ! », nous confie un homme qui est gardien. « On n’a pas le choix… On doit travailler parce qu’on a des familles à nourrir. »

« L’État n’a pas accompagné les populations »

21H30, à Acae, frontière entre Libreville et la commune d’Owendo. La circulation entre deux communes est interdite. Grace au laissez-passer, nous voici dans une rue sombre d’Owendo face de deux hommes plutôt bavards : « Lorsqu’on nous demande d’être en confinement, on fait comment pour vivr ? L’État n’a pas accompagné les populations », estime l’un d’eux.

Notre patrouille termine à 23 heures au centre-ville sans incident, mais Marcel Libama, membre de la société civile du Gabon, dénonce des dérapages : « Il est inadmissible que les Gabonais soient bastonnés, humiliés, embarqués dans des camions comme des sardines et transférés dans les postes de police et de gendarmerie. »

Le confinement total durera encore au moins une semaine à Libreville et ses environs.



rfi

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