Afrique: Dette – Le G20 accorde un moratoire à 77 Etats


Cette mesure prise mercredi devra permettre aux bénéficiaires de faire face à la pandémie du coronavirus durant les douze prochains mois.

Réunis mercredi en visioconférence, les ministres des Finances du G20 et plusieurs créanciers multilatéraux ont décidé de suspendre temporairement le service de la dette de 77 pays en voie de développement. Cette mesure qui prend effet à compter du 1er mai prochain s’étale sur une période de douze mois et devra permettre aux bénéficiaires de pouvoir faire face à l’urgence sanitaire du Covid-19. A en croire Bruno Le Maire, ministre français des Finances, il s’agit de 14 milliards de dollars, représentant les intérêts sur la dette des 77 Etats bénéficiaires, qui seront épargnés durant cette trêve et mis à la disposition de ces derniers. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale devront veiller à la gestion rationnelle de ces fonds qui devront être consacrés exclusivement aux dépenses liées à la lutte contre le Coronavirus.

40 des 77 pays bénéficiaires sont africains. Mais, cette initiative est loin de faire l’unanimité au sein de l’opinion internationale entre ceux qui la célèbrent et ceux qui la dénoncent. Mohammed al-Jadaan, ministre saoudien des Finances, qui en a fait l’annonce parle d’une décision à même de soutenir l’économie mondiale et le système financier. Le gouvernement allemand salue pour sa part un acte de «solidarité internationale de portée historique». Pour Tidjane Thiam, ancien ministre ivoirien du Plan, et envoyé spécial de l’Union africaine à cette réunion, il s’agit d’un ballon d’oxygène en faveur des pays confrontés à cette pandémie. «Ce moratoire apporte à l’Afrique les moyens d’agir rapidement», se réjouit-il. Par contre, un autre courant estime que les pays riches auraient pu aller au-delà d’un simple moratoire.

Pour Patrick Mboyo, chercheur à l’université Paris Saclay, «la meilleure façon de trouver un arrangement qui serait gagnant pour les pays européens mais aussi les pays africains c’est d’arriver à trouver un plan d’annulation complète, pas d’annulation massive de la dette». «L’annulation de cette dette aurait permis au continent africain de faire face davantage aux dépenses et aux urgences sanitaires, aux urgences alimentaires et aussi aux urgences liées au flux migratoire. Le moratoire ne permet que de repousser les échéances mais le problème n’est pas résolu, il subsiste toujours », souligne Regis Hounkpè, directeur exécutif d’InterGlobe Conseils, un cabinet spécialisé en expertise géopolitique et communication stratégique. Selon des chiffres, cette dette cumulée avoisinerait les 500 milliards de dollars.



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