Afrique: Gestion de l’impact du COVID-19 – Les bailleurs de fonds au secours


La crise sanitaire mondiale liée au nouveau coronavirus (Covid-19) entraîne depuis quelques semaines une crise économique majeure en Afrique comme dans les autres régions de la planète.

A ce jour, les résultats de plusieurs études permettent déjà de se faire une idée sur l’ampleur des dégâts en cours sur le continent noir. C’est le cas des perspectives économiques régionales que vient de publier le Fonds monétaire international (Fmi). Intitulé « Afrique subsaharienne, Covid-19 : une menace sans précédent pour le développement », le document estime que la crise économique actuelle résulte de trois chocs de taille sur l’activité. Il y a d’abord les mesures d’endiguement qui perturbent la production et réduisent la demande.

Ensuite, l’effondrement de la croissance économique mondiale et le resserrement des conditions financières qui ont de fortes retombées sur le continent africain.

Enfin, ces effets, relève le document, vont être aggravés par la brusque baisse des cours des produits de base, en particulier du pétrole brut, ce qui accentue les difficultés dans les pays de la région riches en ressources naturelles.

En conséquence, selon le Fmi, une contraction de 1,6 % de l’économie régionale est anticipée cette année – le pire résultat jamais enregistré -, et une révision à la baisse de 5,2 points de pourcentage par rapport aux prévisions d’octobre 2019.

Face au risque d’effondrement du secteur productif africain dont le corollaire est l’explosion du chômage (27 millions d’emplois menacés) et de la pauvreté dans des pays où prédominent l’économie informelle, des initiatives fleurissent au niveau des institutions financières internationales pour amortir le choc.

A ce sujet, l’annonce la plus tonitruante a été faite le 15 avril 2020 quand les ministres des Finances et les banquiers centraux du groupe du G20 ont donné leur aval pour une suspension provisoire du service de la dette des pays les plus pauvres.

Ce moratoire durera jusqu’à fin 2020, mais la question d’une éventuelle prolongation sera examinée d’ici la fin de l’année en cours. Quelque 76 pays – dont une quarantaine situés en Afrique subsaharienne -sont éligibles à ce moratoire qui pourrait concerner un total de 20 milliards de dollars en 2020.

En ce qui concerne notamment le Cameroun où est en voie de finalisation une étude visant à évaluer l’impact du Covid-19 sur l’économie nationale, l’ambassadeur de France, Christophe Guilhou, a révélé à Yaoundé le 16 avril 2020 que la décision des 20 nations les plus développées va se traduire par un allègement de 230 milliards de F CFA de la dette du pays, dont une contribution de la France à hauteur de 60 milliards.

Bien avant la publication du communiqué du G20 relatif au moratoire, plusieurs institutions financières multilatérales étaient montées au créneau pour soutenir les économies en difficulté. Plus près de nous, au niveau de la Cemac où le taux de croissance pourrait reculer de +2% en 2019 à -1,6% en 2020, la Beac, à l’instar d’autres régulateurs occidentaux ou africains du secteur financier tels que la Bceao en Afrique de l’Ouest, a décidé d’alléger les conditions d’accès aux financements pour les acteurs économiques de la région.

Dans la foulée, la Bdeac a fait savoir qu’elle appuie les programmes de riposte des six pays membres à mettant trois milliards de F à leur disposition.

En ce qui concerne le Fmi, il a approuvé le 13 avril dernier un allégement de la dette immédiat pour 25 pays dont 19 pays africains. Quant à la Banque mondiale, elle a prévu le 9 avril dernier d’apporter jusqu’à 160 milliards de dollars de financements au cours des 15 prochains mois, afin d’aider les pays à protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement de l’économie.

Toujours le 9 avril 2020, l’AFD a annoncé le lancement de l’Initiative « Covid-19 – Santé en commun » de 1,2 milliard d’euros. Les principaux pays bénéficiaires de cette initiative seront les 19 pays prioritaires de l’aide française en Afrique.

Enfin, la Bad a promis 10 milliards de dollars. Les gouvernements tout comme les acteurs du secteur privé africain pourront y recourir. CT fait un Zoom sur chacune de ces initiatives ainsi que sur les modalités pratiques de leur mise en œuvre.



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