Berlin débloque près de 10 milliards d’euros de plus pour soutenir son économie



Publié le 23 avr. 2020 à 8h44Mis à jour le 23 avr. 2020 à 8h50

Après huit heures de négociations, la coalition gouvernementale d’Angela Merkel a mis sur pied dans la nuit de mercredi à jeudi un nouveau paquet de mesures pour aider les entreprises et les ménages à surmonter une crise du coronavirus qui promet de durer . Selon le coprésident du parti social-démocrate (SPD) Norbert Walter-Borjans, ce programme devrait représenter un effort financier supplémentaire de près de 10 milliards d’euros.

Dans le détail, les allocations de chômage partiel vont être relevées jusqu’à la fin de l’année pour les personnes les plus touchées par ces mesures adoptées par près d’une entreprise sur deux outre-Rhin, selon une enquête publiée ce jeudi par l’Ifo. Au-delà de trois mois de chômage partiel, les salariés pourront ainsi percevoir entre 70 et 77 % de leur salaire net, puis entre 80 et 87 % à partir du 7e mois. Jusqu’ici l’indemnité se limite à 60 %, voire 67 % du salaire net pour les personnes avec enfants.

500 millions d’euros pour les familles modestes

Pour les personnes ayant perdu leur emploi, la période de l’allocation de chômage va en outre être prolongée de trois mois pour ceux dont le droit prendrait fin entre le 1er mai et le 31 décembre 2020. Cette aide aux ménages va s’accompagner d’une enveloppe de 500 millions d’euros pour les familles les plus modestes. Celles-ci se verront verser chacune 150 euros pour l’acquisition d’un ordinateur alors que les écoles ne rouvriront que très progressivement à partir du 4 mai.

Ces mesures défendues par le SPD sont complétées par un ensemble d’allègements fiscaux pour les entreprises qui étaient souhaités par l’Union CDU-CSU. Pour garantir la liquidité des PME, leurs pertes pourront être en partie compensées par les paiements anticipés d’impôts déjà effectués pour 2019. Touché de plein fouet par les mesures de confinement, le secteur de la gastronomie va par ailleurs bénéficier d’une baisse de la TVA sur les repas : durant un an, à partir du 1er juillet prochain, celle-ci passera de 19 % à 7 %, ce qui devrait représenter 4 milliards d’euros d’allègements.

L’Allemagne ne craint plus de s’endetter

Ce nouveau paquet s’ajoute à l’enveloppe de près de 1.100 milliards d’euros annoncée mi-mars par le gouvernement et promet de creuser la dette allemande. Le ministère des Finances s’attend ainsi à ce que le ratio de celle-ci atteigne 75,25 % du PIB à la fin de l’année. Il est néanmoins probable que cette part, qui était repassée sous la barre des 60 %, augmente encore. Outre l’aide d’urgence, le ministre des Finances Olaf Scholz a déjà évoqué un programme ultérieur de relance de l’économie.

Or la récession qui se profile ira de pair avec une baisse des recettes fiscales dont l’ampleur devrait commencer à se préciser le mois prochain. Le ministère des Finances présentera alors sa nouvelle estimation.



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