À la Une: la grande inquiétude…



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« La grande inquiétude » : c’est l’un des principaux titres du quotidien 24 Heures à Dakar. En effet, la pandémie progresse au Sénégal, note le journal : 64 nouveaux cas hier, avec un total de 736 cas positifs et 11 régions sur 14 touchées par le Covid-19. « La situation est plus que jamais grave », s’alarme 24 Heures.

En Côte d’Ivoire, la maladie est en progression également, relève L’Intelligent, avec 14 nouveaux cas hier et 1.164 contaminations.

Le bilan s’agrave aussi en Guinée, pointe le site d’information Guinée 7 : « la barre de 1.000 cas a en effet été franchie. Hier lundi, 69 nouveaux cas ont été déclarés positifs. »

Colères

Dans le même temps, les mouvements de grogne se multiplient… Comme au Burkina Faso, « la pression monte dans la cocotte-minute », s’exclame L’Observateur Paalga. Avec, notamment, des manifestations de commerçants qui exigent la réouverture de leurs lieux de travail. « Rappelons que c’est le 26 mars dernier que la mairie a décidé la fermeture de sites marchands pour endiguer la propagation du Covid-19, pointe le journal. (…) La pression était devenue si intenable que les autorités communales avaient fini par rouvrir Rood-Woko il y a 8 jours (…). Le plus grand marché de Ouagadougou devait ainsi servir de ballon d’essai dans la perspective de la réouverture des 34 autres lieux de commerce fermés. Et voilà que tout juste une semaine après, les occupants de ces marchés ruent dans les brancards, las de voir leurs économies se réduire comme peau de chagrin après plus d’un mois sans activité. »

Alors, c’est vrai, relève L’Observateur Paalga, « la galère est la chose la mieux partagée par ces temps qui courent. » Mais « ouvrir tous les marchés dans ces conditions, alors que le nombre de contaminations est toujours en progression au Burkina Faso, avec plus de 635 cas, équivaudrait, estime le journal, à un désarmement face au virus avec des conséquences sanitaires qui pourraient être désastreuses. »

Stratégie commune

Hier, les pays de l’Uemoa, l’Union économique et monétaire ouest-africaine, ont opté pour une stratégie commune de riposte, note Fraternité Matin. « La pandémie qui s’ajoute à la crise sécuritaire qui sévit dans l’espace de l’Uemoa a des effets économiques, sociaux et humanitaires sur l’ensemble des Etats membres, pointe le quotidien abidjanais. La crise sanitaire aura un impact direct négatif sur la croissance économique des finances publiques en 2020. Le taux de croissance moyen chuterait à 2,7%, soit 4 points de moins par rapport aux prévisions initiales. »

Alors, des plans d’urgence ont été adoptés au sein de la zone économique ouest-africaine, pour un total de 5.285 milliards de F.CFA, précise Fraternité Matin. « Des dispositions urgentes qui devraient permettre de limiter les impacts du Covid-19 sur les populations, l’emploi et le secteur productif. »

Grogne

La situation est difficile aussi en Afrique centrale. Exemple, au Gabon, où des mouvements de grogne commencent à se faire sentir à Libreville. C’est ce que souligne le site d’information GabonReview : « Après deux semaines de confinement du Grand Libreville, le bilan du gouvernement est plutôt mitigé, voire mauvais en ce qui concerne l’aide alimentaire promise aux populations pour les convaincre de rester chez elles. Plusieurs quartiers de la capitale et des communes voisines n’ont pas été visités jusque-là par les bénévoles de la Banque alimentaire chargés de leur apporter bons et kits alimentaires. L’impatience de ces ‘oubliés’ s’est vite transformée en mouvement d’humeur dans les rues pour fustiger la lenteur des autorités. »

Uppercut !

En fait, c’est l’Afrique toute entière qui est « sous la menace d’une violente crise économique », pointe Le Monde Afrique. On assiste à un « choc économique, violent, imprévisible et aux lendemains incertains, encaissé comme un uppercut dans la face des Etats africains qui affichaient ces dernières années des chiffres de croissance enviables. Tout vacille, relève Le Monde Afrique : des mastodontes comme Ethiopian Airlines jusqu’aux vendeurs des rues calfeutrés de force dans les bidonvilles ; du budget de l’Afrique du Sud, première économie du continent, jusqu’au bas de laine d’une famille malienne vivant habituellement des maigres fonds envoyés par un proche émigré. »

Et, « le moratoire sur le paiement de la dette jusqu’à la fin de l’année, annoncé récemment par les vingt pays les plus riches du monde, ne saurait être suffisant, soupire encore Le Monde Afrique. Pour de nombreux spécialistes du continent, la somme de toutes les contributions annoncées – FMI, Banque mondiale, Banque africaine de développement, Eximbank notamment – ne répond pas aux besoins de la crise. »



rfi

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