Afrique Centrale: Situation économique en CEMAC – La BEAC pense la relance


La banque centrale a publié son rapport de politique monétaire comptant pour le premier trimestre 2020 il y a quelques jours.

La pandémie du covid-19 qui secoue actuellement le monde ne laisse personne indifférent. Surtout que son impact dépasse largement le cadre sanitaire pour mettre à genoux l’économie de la planète. Pour preuve, même le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance.

En effet, les premières prévisions parlaient de 3,2 % en 2020, puis à 3,5 % en 2021. Mais selon les Perspectives de l’économie mondiale, publiées en avril 2020 par le FMI, la croissance mondiale devrait plonger à -3,0 % en 2020.

Dans un tel contexte, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a revu les prévisions initiales du cadrage macroéconomique de la Cemac, en se basant, au plan international, sur une accélération de l’activité économique mondiale et un recul des cours des principaux produits exportés par les pays de la sous-région.

Ainsi, selon la banque centrale, en cas de maîtrise rapide du Covid-19, le solde budgétaire de la sous-région sera déficitaire à 0,9% en 2020 contre un excédent de 0,9 % du PIB dans le scénario de base initial.

En cause, la baisse des recettes budgétaires (-0,5 point de PIB) et une augmentation relative des dépenses publiques (+0,9 point de PIB). Mais également les pertes de recettes pétrolières estimées à environ 992,5 milliards de F.

Pas de grosses inquiétudes cependant au niveau des recettes hors pétrole, car elles diminueraient faiblement, du fait du ralentissement des activités et de l’incapacité des entreprises les plus impactées par la crise du Covid-19 à honorer leurs obligations fiscales.

En effet la baisse des financements extérieurs, une perturbation des échanges intracommunautaires et un risque de montée des tensions inflationnistes, sont entre autres conséquences de cette pandémie sur l’économie de la sous-région.

Et à date, les secteurs tels que le commerce, le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, le transport et les transferts des migrants trinquent déjà.

Pour conjurer ces effets néfastes potentiels, la Beac propose, dans son rapport publié le 27 avril dernier, une série de mesures pour soutenir l’économie.

Parmi elles, l’augmentation des liquidités à injecter dans l’économie via le secteur bancaire, de 240 milliards à 500 milliards de F. L’assouplissement des conditions d’émission des valeurs du Trésor, l’approvisionnement des banques en signes monétaires (coupures et pièces de monnaie); l’appel des fournisseurs des services de paiement à baisser les coûts des transactions de monnaie électronique et des moyens de paiement digitaux sont d’autres mesures.

Par ailleurs, la Beac a déjà mis à la disposition de la Bdeac une ligne de financement de 90 milliards pour les projets d’investissements publics.

Au niveau des Etats, la Beac demande d’accélérer l’évaluation des effets de la pandémie sur leurs perspectives économiques afin d’envisager, dans les meilleurs délais possibles, les mesures budgétaires et financières appropriées, entre autres.



allafrica

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