Après plusieurs tests, elles ne savent toujours pas si elles ont eu le Covid-19



Deux journalistes, l’une britannique, l’autre américaine, se sont soumises à des tests sérologiques, censés déterminer si un individu a été infecté par le passé. Loin d’avoir obtenu une réponse, elles ressortent de l’expérience avec de nouvelles interrogations.

Comme beaucoup d’entre nous, Stephanie Baker, journaliste à Bloomberg Businessweek, se demande si, oui ou non, elle a eu le Covid-19. Et, comme beaucoup d’entre nous, elle aimerait en avoir le cœur net.

Elle se souvient avoir eu des maux de tête, un peu de fièvre, des frissons, de légers maux de ventre et surtout une fatigue extrême. C’était en février, à son retour de vacances dans les Alpes françaises, à la frontière italienne. “À l’époque, le Covid-19 proliférait dans le nord de l’Italie, bien que la région d’Aoste autour de Courmayeur ait signalé ses premiers cas beaucoup plus tard”, écrit-elle.

Pas de toux, pas de test

Le médecin du National Health Service du Royaume-Uni qu’elle consulte à son retour à Londres refuse de la tester car elle ne tousse pas et il lui assure que “ça ne peut pas être le Covid-19”. Pour vérifier si son intuition est la bonne, et alors qu’elle se sent mieux depuis des semaines, elle se tourne vers les tests sérologiques. D’autant qu’ils “sont vantés par certains chefs d’État, dont le Premier ministre britannique Boris Johnson, comme la panacée pour relancer l’économie et lever les mesures de confinement, rappelle la journaliste. Un peu partout dans le monde, des responsables politiques ont proposé de mettre en place des passeports d’immunité pour les individus ayant guéri du Covid-19.”

À la différence des tests PCR standards qui recherchent le matériel génétique du virus dans des sécrétions prélevées dans le nez ou la gorge d’un patient, les tests sérologiques cherchent à identifier, dans le sang, des anticorps produits par le corps pour combattre le virus. À la fin d’avril, près de 150 tests de sérologie rapides, pour lesquels le sang est prélevé sur le bout du doigt, et plus de 80 tests baptisés “Elisa”, réalisés en laboratoire à partir d’une prise de sang classique, avaient été déclarés prêts à être commercialisés dans le monde, d’après la fondation indépendante suisse à but non lucratif Foundation for Innovative New Diagnostics (Find).

Aux États-Unis, l’organisme qui supervise la commercialisation des médicaments (FDA) a autorisé une douzaine d’entreprises à

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Carole Lembezat et Sasha Mitchell





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