Butembo : de retour du lieu de l’enterrement de leur collègue, des taximen paralysent les activités


Les activités socio-économiques sont paralysées depuis le début de l’après midi de ce lundi 18 mai au centre-ville de Butembo (Nord-Kivu), au lendemain du meurtre d’un conducteur de moto-taxi.

 Ses collègues, de retour du lieu d’enterrement à Butuhe, une localité périphérique de la ville, klaxonnent et jettent des barricades sur l’artère principale. Ce qui obligent les opérateurs économiques à refermer boutiques et magasins, constate le reporter d’ACTUALITE.CD.

 Des banques sont elles fermées depuis le matin. Nombreuses n’ont pas ouvert « par mesure de prudence », après qu’un mouvement de jeunes a appelé, la veille, les habitants à observer une journée ville morte, pour protester contre la recrudescence de l’insécurité à Butembo. 

Le matin, des barricades ont été jetées sur certaines artères, notamment sur l’axe Mutsanga. Des passants véhiculés allaient jusqu’à déborder 500 FC à chaque barrière,  » comme frais de compassion » avec les taximen. « Nous avons payé 2500 FC aux cinq barrières, pour atteindre notre bureau », témoigne Sylvie Kyakimwa. 

Des boutiques qui venaient d’ouvrir avec retard sont contraintes de fermer suite à ces troubles sporadiques. ACTUALITE.CD constate un déploiement progressif des éléments de l’ordre dans certains coins stratégiques, par exemple au rond-point VGH pour parer à toute éventualité. Au tour de 14h45, des coups de feu sont entendus au centre-ville. Il s’agit des agents de l’ordre qui tentent de contenir les manifestants. C’est dans la soirée de samedi dernier que le taximan Kasereka Kabuyaya a été abattu par des hommes armés non autrement identifiés. 

La victime était membre de l’ATAMOV, une puissante association des jeunes taximen opérationnelles dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC).

 Dans un entretien avec ACTUALITE.CD dimanche, le maire de Butembo a rassuré que les enquêtes sont en cours pour retrouver les auteurs de cet assassinat. Cet incident intervient pendant que Butembo est secoué depuis plus d’un mois par l’insécurité. Chaque matin, les habitants rapportent des cas d’incursions nocturnes des bandits armés dans leurs ménages qui blessent, violent parfois et pilles. 

Les services de sécurité soupçonnent les auteurs d’être membres d’un vaste réseau des cambrioleurs qui opèrent entre Butembo, Béni et Kasindi (Nord-Kivu), et qui seraient à la( recherche des motos. Vendredi, l’ANR a présenté deux d’entre eux, des jeunes arrêtés qui tendaient de se soustraire de la ville avec des biens cambriolés.

Claude Sengenya



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