Bah Oury se confie : « Ce que je me suis dit avec Kassory… » | Africa Guinee


CONAKRY-Dans un contexte de crise politique et sanitaire majeure dans le pays Bah Oury membre du FNDC (front national pour la défense de la constitution) a rencontré ce mercredi 27 mai le Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana. De quoi a-t-il été question ? Bah Oury s’est confié à notre rédaction.

AFRICAGUINEE.COM : Vous avez rencontré ce mercredi 27 mai le premier ministre Kassory Fofana. Dites-nous dans quel cadre se situait cette entrevue ?

BAH OURY : Vous savez la Covid-19 est un fléau mondial. En ce qui concerne notre pays, nous sommes dans une situation particulièrement préoccupante. Lorsqu’on regarde les statistiques de près, il s’avère de manière brute que nous sommes au huitième rang des pays les plus affectés au niveau du continent, mais de manière fine nous sommes le pays qui est de loin le plus affecté. C’est une extrême gravité, c’est une alerte suffisante que nous devons tous prendre en compte. C’est ce que nous avons dit en préliminaire au premier ministre.

Le document que nous lui avons remis est le fruit d’un travail collectif de personnes ressources dont certains sont à l’intérieur du pays ici en Guinée, d’autres à l’étranger. Nous avons eu l’honneur de la manière la plus solennelle de le remettre au premier ministre et qui souligné qu’il va mettre les propositions dans les éléments des dossiers qui devront être examinés la semaine prochaine lors d’une séance de rencontre régulière qu’il a avec le comité scientifique.

Ce sont des propositions et des éléments qui seront versés aux propositions complémentaires adressées au conseil scientifique qui prendra ce qu’il estime être les plus pertinentes. C’est ce qui est souhaitable. Ce travail n’a pas la prétention d’apporter une solution magique mais c’est tout simplement indiqué que dans le contexte actuel chaque guinéen, chaque responsable a le devoir d’apporter à sa manière la contribution qu’il souhaite donner au pays.

Vous pensez que les querelles politiques actuelles doivent être mises de côtés pour faire face à l’ennemi commun qu’est le Coronavirus ?

La question est pertinente parce qu’elle tombe bien à point. La nécessité de mobiliser la population toute entière pour s’opposer au Coronavirus a été un des éléments abordés au point 12  du document, à savoir qu’il faut créer un climat d’apaisement et de décrispation pour permettre à la population de manière collective de pouvoir faire face à la pandémie. Les arrestations arbitraires, les brimades, les harcèlements, les intimidations, les réactions violentes des forces de l’ordre contre les paisibles citoyens ne contribuent nullement à créer le climat espéré. C’est un élément extrêmement important que nous avons signalé au premier ministre en indiquant également que la situation en Guinée forestière avec des multiples détentions extrajudiciaires ne concourent nullement à nous permettre de mobiliser l’ensemble de notre peuple pour lutter contre la maladie. C’est quelque chose de très important qu’il faut souligner.

L’apaisement suppose que des concessions soient faites de part et d’autre. Or dans le contexte actuel, le FNDC projette de nouvelles manifestations que le gouvernement promet d’empêcher.  Le FNDC pourrait-il reporter ces manifestations pour permettre justement ce cadre d’apaisement souhaité pour lutte contre la Covid-19 ?

Je pense que la victime n’est que la victime. Elle est dans une situation qui fait que c’est elle qui subit. L’initiative de la violence, des arrestations, des intimidations, c’est le pouvoir qui a cette initiative et qui est en train de le faire de la manière la plus sombre. On assiste à des arrestations, des kidnappings, pour un rien ou pour un non sans que les gens ne sachent pourquoi ils sont arrêtés. Tout cela, c’est le pouvoir qui est responsable, c’est le pouvoir qui est en train d’user des armes létales pour le maintien d’ordre au risque de tuer des populations.

C’est la raison pour laquelle nous avons indiqué que pour avoir un climat d’apaisement, il faut que les deux parties respectent la trêve. La trêve est brisée par l’attitude extrême des autorités contre les populations civiles. Si cette trêve dans le contexte de la mobilisation de tous contre le Coronavirus, est respectée alors je pense que de l’autre côté nous aurons une oreille attentive pour aller dans le sens d’un certain apaisement. Parce que nous n’avons nullement intérêt à ce que la pandémie progresse dans notre pays à travers des regroupements massifs et autres.

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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