Bobo-Dioulasso : Des acteurs culturels demandent la levée du couvre-feu


Les acteurs culturels de la ville de Bobo-Dioulasso ont tenu une rencontre le mardi 26 mai 2020. Au cours de cette rencontre, ils ont demandé la levée du couvre-feu, car ils estiment que « le couvre-feu n’a plus son sens d’être aujourd’hui ». Si toutefois rien n’est fait, ils menacent d’organiser une marche de protestation le samedi 30 mai 2020 dans les rues de Sya.

Il n’est pas bon être acteurs culturels burkinabè par ces temps qui courent. En effet, depuis l’apparition de la pandémie à coronavirus au Burkina Faso et les mesures drastiques prises par les gouvernants du pays pour endiguer sa propagation, notamment l’instauration du couvre-feu, la plupart des secteurs d’activités ont connu un coup d’arrêt. Le secteur culturel n’a pas échappé à cette conjoncture. Selon cet acteur culturel, Diafodé Kaba Alexandre Diakité, avec le couvre-feu les acteurs culturels sont les plus impactés par la crise du coronavirus.

« Le couvre-feu a été instauré dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Au début, nous avons tous senti son importance et nous avons respecté. Aujourd’hui, nous constatons que la quasi-totalité des activités dans la journée ont repris et tout se passe bien. Actuellement, le couvre-feu empêche ceux qui travaillent la nuit d’exercer pleinement leurs activités. Et nous en tant qu’acteurs culturels, nous sommes durement frappés par ce couvre-feu », a-t-il décrié.

Diafodé Kaba Alexandre Diakité

Il a affirmé que la maladie à coronavirus qui avait entrainé la fermeture de quasiment tous les lieux publics, notamment, les salles de spectacles, les bars, boîtes de nuit et autres lieux de réjouissances, a mis au chômage bon nombre de professionnels du secteur. Au-delà des artistes chanteurs, c’est toute une industrie qui est touchée allant des promoteurs de spectacles aux directeurs des salles, en passant par les différents corps de métiers qui concourent à la tenue des évènements culturels.

« Beaucoup d’entre nous, managers, artistes, gérants de maquis, de boites de nuit, ont vu leurs activités s’arrêter. Donc plus de source de revenu parce que nous sommes durement frappés par ce couvre-feu qui fait que nous n’arrivons plus à mener nos activités. C’est l’heure à laquelle nos clients commencent à venir dans les différents évènements qu’on nous demande de rentrer à la maison et cela est vraiment difficile. Ça fait pratiquement trois mois que des pères de familles souffrent parce qu’ils n’ont pas de quoi nourrir leur famille », s’est-il plaint.

Avant de laisser entendre que le couvre-feu n’a plus son sens d’être aujourd’hui. « Actuellement rien ne justifie le maintien du couvre-feu. Dans la journée toutes les activités ont repris. Les marchés, les transports, les lieux de cultes, pourquoi ne pas lever la mesure du couvre-feu qui fait mal à notre économie ? », s’interroge Alexandre Diakité.

Les acteurs culturels demandent la levée du couvre-feu

A l’en croire, le monde de la culture a beaucoup contribué dans la lutte contre le Covid-19. En effet, malgré le contexte difficile, les artistes n’ont pas dérogé à leur rôle d’ambassadeurs et de modèles pour les populations. Ils ont dans leur grande majorité prêté leurs visages et leurs voix pour relayer des messages de sensibilisation sur les mesures barrières pour endiguer la propagation du virus : par des chansons ou des écrits et appels sur les réseaux sociaux où ils sont suivis par une forte communauté. « Nous étions les premiers acteurs engagés dans cette lutte à travers la production de chansons, des caravanes de sensibilisation, etc. Logiquement si la situation s’améliore, notre secteur devrait quand même pouvoir bénéficier des retombés de cette lutte », a-t-il souligné.

Il a par ailleurs fait savoir que la population est devenue victime du couvre-feu, notamment les détenteurs de boutiques de rues qui subissent permanemment des casses et pillages. Et c’est au regard de toutes ces conséquences que ces acteurs culturels ont demandé la levée de la mesure du couvre-feu. Toutefois, si rien n’est fait, dans les jours à venir ils menacent de passer à la vitesse supérieure à travers l’organisation d’une marche de protestation le samedi 30 mai 2020 à Bobo-Dioulasso.

Romuald Dofini

Lefaso.net





Burkina

A lire aussi

Laisser un commentaire