Cameroun: Betti Joseph, 51 ans en chansons


Pour célébrer l’événement, ce patriarche du bikutsi a sorti un album qu’il veut l’héritage de sa longue expérience.

Betti Joseph dit « Bejos » a 51 ans de carrière musicale et ça se fête ! Pour en profiter et mettre ses admirateurs dans la confidence de plus d’un demi-siècle de musique, il a sorti un album de sept compositions neuves ou remixées, autour de sujets aussi variés que l’amitié, l’amour, le pardon et la réconciliation.

La promotion de cet opus était envisagée avec des concerts dans les 10 régions du pays, mais la pandémie de Covid-19 qui bouleverse la culture en a décidé autrement. Alors comme tous les autres artistes, il attend l’accalmie.

De mémoire, Bejos n’a jamais connu une période aussi sombre pour l’univers culturel, lui qui en maîtrise les coulisses pour s’y être engagé en 1975 pour son premier spectacle à « Mongo Beti Bar » à Mbalmayo.

Et Dieu sait que ce disciple de Messi Martin (qu’il rejoint à 18 ans dans l’orchestre de Mango Bar au quartier Elig-Effa à Yaoundé) ou de Mama Ohandja, légendes du bikutsi, a vu et traversé des brouillards épais en 50 ans de musique.

Au premier rang de ceux-ci, les difficultés liées au droit d’auteur. Au fil des années, il s’est montré impliqué dans la défense des droits des artistes, ainsi que dans l’amélioration de leurs conditions de vie, en apportant ses conseils avisés pour la bonne marche des différents organismes de gestion collective du secteur de l’art musical.

L’auteur du titre « Nnem Nyebe » est également reconnu comme étant le créateur du Comité des sages de la musique camerounaise. En fondant ce mouvement en 1998, Betti Joseph et ses pairs n’avaient pas l’intention de donner des leçons à la jeune génération, ou lui imposer sa vision de la musique.

Au contraire, leur volonté est de se battre pour les droits des artistes et faire reluire le bikutsi, ou tout autre rythme de manière générale. Son secret ? S’adapter à chaque situation. Travailleur infatigable, il a su combiner la musique à d’autres métiers pour faire bouillir la marmite.

Chauffeur de gros engins à la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), électricien, sportif (ceinture noire de karaté)…

On peut affirmer que cet artiste comptant à son actif des dizaines d’albums a eu plusieurs vies. Celle qu’il préfère, sa vie de musicien, il en partage les contours dans un entretien rétrospectif avec CT.



allafrica

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