Ce Sud-Coréen manifeste contre Samsung perché sur un mât depuis près d’un an



À vingt mètres au-dessus du sol, un sexagénaire manifeste depuis près d’un an contre Samsung sur un mât de vidéosurveillance au cœur de Séoul. Il affirme que le géant des nouvelles technologies l’a licencié au motif qu’il tentait de former un syndicat.

“Je vis sur ce mât depuis maintenant près d’un an”, explique Kim Yong-hee, Sud-Coréen de 61 ans interviewé par la BBC : “Ce n’est pas pour les âmes sensibles”. À vingt mètres au-dessus du sol et sur une surface de seulement 1,50 mètre, le sexagénaire a installé ses banderoles et proteste chaque jour contre Samsung, pour dénoncer son licenciement il y a près de 30 ans. Le sexagénaire affirme qu’il a perdu son emploi parce qu’il a tenté de former un syndicat au sein de l’entreprise.

Plus gros conglomérat sud-coréen, Samsung “a depuis longtemps une position très hostile aux organisations syndicales”, rappelle la BBC. Kim Yong-hee se souvient :

Le jour de notre première réunion syndicale, la police a fait irruption dans notre bâtiment. J’ai été arrêté, puis licencié. J’ai perdu mon travail lorsque j’avais 32 ans, et j’en ai maintenant 61.”

Il dénonce une “injustice” et explique avoir dédié “toute sa vie” à Samsung. Après près de trente ans de militantisme, dont une année à vingt mètres au-dessus du sol séoulite, Kim Yong-hee “préférerait mourir” que d’arrêter de protester. En contrebas, sur la terre ferme, d’autres ont rejoint son combat, dont plusieurs anciens employés de Samsung. En 2019, plusieurs hauts responsables de la firme ont été jugés coupables d’antisyndicalisme et le vice-président, Lee Jae-yong, a présenté des excuses publiques le 6 mai 2020 “à tous ceux qui ont souffert à cause de ces questions”.

Kim Yong-hee, qui raconte à la BBC avoir suivi le discours sur son téléphone, s’est dit “profondément déçu” par ces excuses qui manquaient selon lui de sincérité. “Samsung a depuis 80 ans une tolérance zéro pour les syndicats”, dénonce-t-il, se décrivant lui-même comme “un symbole de ce combat”.





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