Coronavirus :confusion sur la circulation entre les régions en Italie



Deux semaines après le début du déconfinement , les Italiens attendent encore de pouvoir jouir totalement de leur liberté de mouvement. Les déplacements ne sont autorisés qu’au sein de leur propre région de résidence. Une restriction qui doit être levée le 3 juin prochain. Ce vendredi l’Institut supérieur de la santé publiera son rapport hebdomadaire sur la situation épidémiologique du pays. Il permettra au gouvernement d’établir un premier bilan des effets du déconfinement . Le niveau de risque (bas, modéré ou élevé) selon les régions sera élaboré à partir des 21 points de surveillance définis par le ministère de la Santé qui prennent en considération les tests sérologiques effectués, le nombre de malades et de décès ou encore l’engorgement des structures sanitaires. La décision du retour totale à la libre circulation pourra ensuite être entérinée dès le 3 juin prochain ou décalée d’une semaine. Elle pourrait s’accompagner d’une brève mise en quarantaine pour les personnes venant des régions du Nord.

Une situation épidémiologique contrastée selon les régions

Le dernier bilan publié par les autorités sanitaires est le meilleur depuis le 6 mars dernier avec 70 décès ce jeudi, moins de 50.000 personnes contaminées et moins de 500 patients dans les services de soins de thérapie intensive. 8 régions n’enregistrent aucune victime tandis que la Lombardie concentre 60 % des nouvelles contagions. Une disparité qui suscite la réticence de la communauté scientifique à rétablir aussi vite une totale libre circulation. D’après la fondation Cimbe, la Lombardie corrige positivement les chiffres sur sa situation sanitaire. Avec la Ligurie et le Piémont, elle ne serait pas en mesure de rouvrir ses frontières sans faire peser un risque de reprise des contagions.

Les régions du Sud prônent la fermeté

De quoi nourrir l’inquiétude des présidents des régions du Sud, épargnées par l’épidémie . La Campanie veut renforcer les, déjà, très rigides contrôles auxquels elle soumet tous ceux qui s’y rendent. La Sardaigne veut instituer un passeport sanitaire sans lequel le touriste ne pourrait s’embarquer pour l’île. Une proposition rejetée comme inconstitutionnelle par le gouvernement qui rappelle que les régions ne peuvent s’opposer à la libre circulation des personnes. La Sicile ne rouvrira ses frontières que le 8 juin prochain et promet de sévères protocoles de sécurité sanitaires tout en espérant que des « lignes directives communes soient émises par l’Etat car la mobilité interrégionale ne peut pas se faire de manière disparate ». Le 3 juin le gouvernement a en outre annoncé la réouverture des frontières avec les pays européens sans soumettre les touristes à des mesures de quarantaine. Cela pourrait susciter une différence de traitement entre les étrangers et les citoyens italiens. Que ce soit pour fermer les frontières ou les rouvrir, la concurrence entre l’Etat et les régions montre une nouvelle fois ses limites. 



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