Avenue de l’Insurrection de Bobo-Dioulasso : Des populations affectées par les travaux de bitumage demandent un dédommagement


Ces populations sont issues du secteur 26 de Bobo-Dioulasso, zone non-lotie de Sarfalao. Affectées par les travaux de bitumage de l’avenue de l’Insurrection, elles ont manifesté ce mercredi 3 juin 2020, pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis des autorités communales. Avant toute chose, ces manifestants ont précisé qu’ils ne sont pas contre le projet de bitumage de cette voie.

Ce sont des familles désemparées et inquiètes que nous avons rencontrées dans la matinée de ce mercredi 3 juin 2020, au quartier non-loti de Sarfalao. Leurs habitats démolis, ces dernières ne savent plus à quel saint se vouer. Car elles affirment n’avoir plus un autre point de chute actuellement. Dans les rues, ces familles ont ainsi décidé d’exprimer leur mécontentement vis-à-vis des autorités communales.

Des manifestants en concertation

Dix jours pour déguerpir des lieux, c’est la date limite que le maire de l’arrondissement 5 de la commune de Bobo-Dioulasso leur avait donnée. Un délai jugé trop court par ces populations qui avaient demandé plus de temps, afin de pouvoir trouver un autre site d’accueil. Cette doléance n’a donc pas été prise en compte par les autorités qui en ont décidé autrement. Les manifestants ont ainsi qualifié de « décision arbitraire » ce choix des premiers responsables.

« Au départ, nos maisons n’étaient pas concernées par les travaux de bitumage de cette avenue. C’est lors de la récente visite de chantier du ministre des infrastructures (16 mai 2020), qu’il nous a fait savoir que la voie allait être prolongée de 100 mètres donc qu’ils allaient rentrer un peu en profondeur. Du coup certaines maisons étaient concernées. Ainsi, le ministre nous avait dit également qu’il allait instruire le maire, afin qu’il vienne échanger avec les populations pour qu’on puisse trouver ensemble un consensus. C’est ainsi que le maire de l’arrondissement 5 de Bobo est venu le 20 mai 2020, nous donner un délai de 10 jours pour déguerpir des lieux », nous a expliqué Roméo Tihao, porte-parole des manifestants. C’est ainsi que ces populations avaient trouvé ce délai « trop court » pour leur permettre de trouver un autre point de chute.

Roméo Tihao, porte-parole des manifestants

A l’en croire, les limites de la voie annoncées au départ sont différentes de celles de maintenant. « Ils nous ont fait savoir qu’en plus des 100 mètres que le ministre avait demandé, l’entreprise en charge des travaux a décidé d’ajouter encore 50 autres pour pouvoir tourner avec les machines. Ce qui donne présentement 150 mètres. Nous avons entamé des démarches plusieurs fois afin de pouvoir rencontrer le maire. Malheureusement il a refusé de nous recevoir. Nos maisons n’étaient pas concernées au départ et après il nous donne 10 jours comme délai pour déguerpir. Quand nous lui (maire de l’arrondissement 5) avons fait part de notre difficulté à trouver un point de chute en dix jours, le jour où il est venu nous livrer l’information, le maire nous a fait savoir que les ordres venaient d’en haut », a laissé entendre Roméo Tihao.

Les habitats des populations démolis

« Pendant que nous cherchions à rencontrer le maire pour qu’il revoie la date limite, ils sont venus commencer à casser nos maisons. Pourtant, lorsque nous avions rencontré le haut-commissaire au départ, ce dernier nous a rassurés qu’ils n’allaient pas venir casser nos maisons sans avoir trouvé un point de chute pour nous », a-t-il déploré.

A travers cette manifestation, ces populations veulent prendre l’opinion publique à témoin afin qu’une solution soit trouvée. Elles demandent ainsi aux autorités communales de prolonger le délai de dix jours, afin de leur permettre de trouver un point de chute. Aussi, elles souhaitent que l’autorité puisse leur trouver un autre site d’accueil. « Nous voulons bien partir mais nous n’avons pas les moyens de nous trouver une maison surtout qu’elles coûtent chères aujourd’hui », a-t-il fait savoir.

Issiaka Djerma, habitant du secteur 26 de Bobo-Dioulasso

Selon Issiaka Djerma, il occupe cette zone depuis plus de quarante ans. Les familles qui y vivent ont été recensées plusieurs fois et le dernier recensement date de 2008. Tous les habitants qui occupent ceux lieux ont déjà reçu un numéro. Il a cependant déploré le manque de communication des autorités. « Nous ne sommes pas contre le projet de bitumage de l’avenue. Au début, nous n’avons pas été informés sinon nous aurions pris nos précautions », a-t-il indiqué.

L’avenue de l’Insurrection populaire est située au secteur n°17 (quartier Sarf²alao) dans l’arrondissement 5 de Bobo-Dioulasso. Elle part du rond-point de la jeunesse (ex rond-point du Cinquantenaire) pour rejoindre le village SOS Dafra et a une longueur de 1,6 kilomètre. Les travaux de bitumage de cette voie, fortement dégradée, ont été lancés le 6 février 2020.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini

Lefaso.net





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