bras de fer entre le gouvernement et l’État du Tigré à propos des élections



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L’État du Tigré, dans le nord du pays, affirme qu’il organisera les élections visant à élire un nouveau Parlement, et ce en dépit du fait que ce scrutin a été repoussé au niveau national. C’est le dernier épisode d’un bras de fer entre le gouvernement central et le parti dirigeant cet Etat frontalier de l’Erythrée, qui a été évincé du pouvoir par l’arrivée du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018.

Le comité exécutif du Front de libération du peuple du Tigré s’est réuni le week-end dernier et son communiqué final est un réquisitoire. Réquisitoire contre le Premier ministre Abiy Ahmed d’abord et son tout nouveau Parti de la prospérité, un parti fait à sa main que les Tigréens ont refusé d’intégrer; et réquisitoire ensuite contre le report des élections du 29 août pour cause de Covid-19, décidé par les autorités fédérales et jugé « inconstitutionnel ».

La question au niveau fédéral n’est pas tranché. Le problème de l’expiration du mandat des députés au-delà du 10 octobre, et du maintien au pouvoir de l’actuelle équipe dirigeante pendant l’éventuelle transition, est aujourd’hui entre les mains de la chambre haute du Parlement et d’un conseil des requêtes constitutionnelles. Son avis devrait être rendu dans les jours qui viennent.

Mais d’ores et déjà, les Tigréens s’en affranchissent. Ils annoncent qu’ils tiendront les élections « à temps, selon la Constitution ». Une position déjà dénoncée par la Commission électorale nationale, qui répète qu’elle seule a le pouvoir d’organiser des scrutins. Mais mis sous pression, cernés par une Erythrée hostile d’un côté et des Etats qui songent à une revanche après les années de pouvoir autoritaire des Tigréens de l’autre, ces derniers entendent plus que jamais affirmer leur autonomie.



rfi

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