Mouvement d’humeur des policiers municipaux : « Nous poursuivrons jusqu’à obtenir gain de cause »


Le Collectif des policiers municipaux du Burkina (COPM/B), section de Ouagadougou, observe un mouvement d’humeur depuis le lundi 1er juin 2020. L’objet de leur revendication : le plan de carrière des agents. Après plusieurs démarches sans succès, ils montent une fois de plus au créneau pour se faire entendre. Cette fois-ci, ils disent vouloir continuer la lutte jusqu’à obtenir gain de cause.

Le Collectif des policiers municipaux du Burkina (COPM/B), section de Ouagadougou, observe un mouvement d’humeur depuis le lundi 1er juin 2020. L’objet de leur revendication : le plan de carrière des agents. Après plusieurs démarches sans succès, ils montent une fois de plus au créneau pour se faire entendre. Cette fois-ci, ils disent vouloir continuer la lutte jusqu’à obtenir gain de cause.

Des policiers municipaux qui désertent les carrefours de la ville de Ouagadougou pour exprimer leur mécontentement, ce n’est pas une première. Et c’est presque toujours la même cause : le plan de carrière.


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Le Collectif des policiers municipaux du Burkina (COPM/B) compte, à travers cette énième action, forcer la main à ses responsables. « Depuis la revendication, on est toujours au point de départ, rien n’a bougé », indique le chargé à l’information et à l’organisation du COPM/B, Pierre Zouri. Il ajoute que le maire de la ville de Ouagadougou, Pierre Armand Béouindé, a reçu les responsables du Collectif et leur a dit qu’il n’est pas en charge de leur dossier.

Pour le chargé à l’information du COPM/B, Pierre Zouri, ceux qui sont recrutés en 1995 et ceux de maintenant touchent pratiquement le même salaire

Il a montré à la délégation une copie d’un document qui date du 1er avril 2018 concernant les reversements des pensions à la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO). Il avait transmis ce document au ministre en charge de l’Administration territoriale. Ce dernier a pris pour classer, foi du Collectif.

En mars 2020, le ministre Siméon Sawadogo a reçu une délégation du Collectif et a donné deux semaines pour l’exécution du dossier. « Au finish, il est resté bouche bée. On l’appelle, il ne décroche pas ; il reçoit nos messages mais ne réagit pas », regrette Pierre Zouri, qui précise que ledit document est prêt et devrait être signé. Qui bloque le document ? Le Collectif des policiers municipaux dit ne pas savoir.

« Il a poursuivi sa pension pendant deux ans. Paix à son âme… »

A écouter les membres du COPM/B, c’est la suite de leurs pensions qui pose problème. A chaque fin du mois, une partie de leur dû est réduit mais ils n’en savent pas la finalité. « Présentement, j’ai 18 ans de service. On coupe une partie de mon salaire chaque fin du mois, mais je ne sais pas où est logée ma pension. Si une situation m’arrive, mes ayants-droit vont se plaindre auprès de qui ? Puisque sur mon bulletin, il n’est pas écrit CNSS ni CARFO », raconte Pierre Zouri.

Un cas dramatique a attiré leur attention. « La mairie avait détaché un conducteur civil à notre niveau. Il conduisait le minibus. Entre temps, il était parti à la retraite. Il a poursuivi sa pension pendant deux ans. Paix à son âme, il n’a pas eu ça jusqu’à ce qu’il décède. Et jusqu’à présent, ses ayants-droit ne savent toujours pas où est sa pension. Ça, c’est une preuve palpable ». Pour le chargé à l’information du collectif, cela est un exemple parmi tant d’autres.

Pour le moment, le mouvement d’humeur est observé uniquement à Ouagadougou

Qu’est-ce que le collectif compte faire ?

« Pour le moment, on n’existe pas. On attend d’exister avant de reprendre service. Le mouvement va continuer jusqu’à obtenir gain de cause », a affirmé le secrétaire général adjoint du COPM/B, Kevin Bénon. Le collectif a déposé plusieurs demandes d’audience qui sont toujours en attente. L’objectif est de rencontrer leur ministre de tutelle (Administration territoriale) et le Premier ministre par rapport à leur plateforme revendicative.

« Cela va nous permettre d’être mieux entendus sur notre problème de carrière », se convainc Pierre Zouri. Mais en attendant, les policiers municipaux de la ville de Ouagadougou vont continuer leur mouvement d’humeur. « Dans la ville, vous ne verrez pas un policier municipal posté à un feu tricolore », notifie-t-il, car leur motif est clair : « Nous réclamons nos droits, c’est ce qui nous revient de droit qu’on demande ; on ne demande pas plus sorcier ».


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Le Collectif ignore si les informations au sujet de la police municipale parviennent au président du Faso ou pas. Selon les policiers municipaux, le fait que le Premier ministre se soit saisi de leur dossier est un motif d’espoir. « On ne peut pas sauter le Premier ministre pour aller voir le président directement », conclut le Collectif.

Cryspin Masneang Laoundiki

Lefaso.net





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