À Hong Kong, dans l’adversité, les générations s’unissent pour Tian’anmen



En interdisant la veillée annuelle commémorant le massacre de Tian’anmen, les autorités ont redonné de l’unité et de la vigueur au mouvement démocratique. Jeudi 4 juin, les Hongkongais ont bravé l’interdiction.

Depuis quelque temps déjà, l’organisation d’une veillée annuelle en commémoration de Tian’anmen, à Hong Kong, s’était vue remise en cause par la jeune génération, pour qui c’était un événement rituel et naïf, idéaliste dans son souci de démocratisation en Chine continentale.

Mais cette année, les militants ont mis de côté ces divergences idéologiques en raison d’une nouvelle menace qui se profile : une loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin, qui risque d’entrer en vigueur dans la région administrative spéciale (RAS) très prochainement. Beaucoup craignent que sa promulgation ne rende la veillée illégale – or c’est la seule grande commémoration de la répression sanglante à avoir eu lieu ces trente dernières années en territoire chinois.

L’exercice de la liberté d’expression réunit

J’ai longtemps trouvé que scander des slogans [au parc Victoria] ne servait pas à grand-chose, d’autant plus que l’Alliance [hongkongaise pour le soutien au mouvement patriotique démocrate en Chine] l’a fait pendant toutes ces années”, confie Mary Leung, une étudiante de 24 ans inscrite à l’Université chinoise de Hong Kong. Mais dans la soirée du 4 juin, elle s’est pourtant rendue dans le quartier de Mong Kok [sur la presqu’île de Kowloon] avec cinq de ses amis pour participer à une veillée qui se déroulait simultanément aux quatre coins de la ville. “Aujourd’hui, ce rendez-vous symbolise quelque chose que nous voulons préserver : l’exercice de la liberté d’expression”, explique-t-elle.

L’événement habituellement organisé au parc Victoria [sur l’île de Hong Kong] ayant été interdit pour des raisons sanitaires, les participants sont apparus par petits groupes à divers endroits de la ville, munis de bougies. Mais ce n’était pas la seule différence avec les commémorations des autres années. Avant, c’était une manifestation sombre et solennelle pour pleurer les morts survenues lors du soulèvement étudiant de 1989 à Tian’anmen. Le 4 juin 2020, cela a aussi été une occasion pour les participants de répercuter

[…]

Jeffie LamLilian ChengGigi Choy et Sum Lok-kei

Lire l’article original

Source

 
Le grand quotidien de langue anglaise de Hong Kong est depuis avril 2016 la propriété de Jack Ma (Ma Yun), patron du géant du commerce électronique chinois Alibaba. Cette acquisition a suscité de fortes craintes que la liberté de ton et la

[…]

Lire la suite





A lire aussi

Laisser un commentaire