Afrique: Les immortelles chansons d’Afrique – « O si tapa lambo lam » de Monie Bilé


Auteur, compositeur et chanteur camerounais, Moni Bilé a conquis la planète musicale avec « O si tapa lambo lam ». Ce titre, sorti en 1982, est un triomphe et fait passer son auteur de l’ombre à la lumière.

Cette année-là, Moni Bilé inonde les ondes et dévore les écrans avec cette chanson. A la genèse de ce morceau figure un homme, le bassiste Aladji Touré qui, après avoir surfé sur la vague du succès, va très vite se convertir en producteur. « C’est ma mère qui avait mis à ma disposition les fonds nécessaires pour que je lance mon premier artiste Moni Bilé avec O si pata lambo lam », raconte le producteur. Sous le label de Touré Jim’s Record, l’album connaîtra un succès foudroyant avant de récolter le disque d’or 1982.

La réussite de ce 33 tours s’explique du fait de la contribution des artistes de talents. Les guitares, solo, accompagnement et basse sont respectivement jouées par Toto Guillaume, Jules Kamga et Aladji Touré ; tandis que le saxophone, la trompette et le trombone sont exécutés par Mam Ouari, Kako et Alex Perdigon. La batterie et la percussion sont assurées par Ebeny Donald Wesley. L’arrangement de ce disque porte la signature d’Aladji Touré. Ici, la magnifique voix de Moni Bilé dialogue avec celles de Sisi Dipoko et Essomo qui lui répondent en chœur.

Cette chanson est l’histoire d’un homme qui aime sa femme et ne veut pas qu’elle soit abordée par un coureur de jupon. « Ne touche pas à ma femme », s’écrie l’homme. Ce tube va donner un coup de fouet à la musique camerounaise qui connaîtra un véritable essor. Le Makosa Soukous venait de naître, Moni Bilé devient l’un des précurseurs de ce genre musical, il représente ainsi les couleurs du Cameroun à travers plusieurs pays. Il faut dire que le Makossa Soukous est un mélange de la rumba congolaise, la biguine et la salsa.

Le 10 décembre 2016, lors d’un dîner dansant au Castel Hall de Douala, l’artiste, accompagné de quelques musiciens de la nouvelle génération interprétèrent ce titre avec brio. Le public, à l’unisson, chantait : « nyami ndolo na wèlèna mulema é o si tapa lamo lami é ! ». Après plus de trois décennies, le chanteur a toujours gardé sa voix et a su émerveiller les mélomanes par sa brillante prestation scénique. « Douala est cette ville qui m’a vu naître, jouer ici est pour moi un signe de renaissance », affirmait-il à l’issue de cet événement.

Né il y a de cela 63 ans, Adolphe Dieudonné Moni Bilé, artistiquement connu sous le nom de Moni Bilé, a débuté la musique très tôt. C’est en Côte d’Ivoire qu’il a enregistré son premier disque « Ngando fumba ». Il a, à son actif, deux disques d’or et une maracas d’or de la musique moderne africaine. Il a été élevé au grade de chevalier au Festival national des arts et de la culture de Yaoundé, l’artiste a créé l’APC, Association Pour la Culture en vue d’aider les artistes musiciens camerounais à produire et écouler facilement leurs œuvres.



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