Algérie: Secteur de l’artisanat à Aïn Defla, un appui de choix dans la lutte contre le COVID-19


Ain Defla — Appui de choix dans la lutte contre le nouveau coronavirus (Covid-19) à Aïn Defla, le secteur de l’artisanat contribue de manière indéniable aux mesures de prévention contre la propagation du redoutable virus, confectionnant des dizaines de milliers de bavettes et de combinaisons répondant aux normes d’aseptisation.

S’inscrivant dans le cadre de l’élan citoyen et solidaire en ces temps difficiles de pandémie, cette action est d’autant plus louable que la matière première utilisée dans la fabrication de ce moyen de protection se fait rare et chère.

« Le secteur de l’artisanat ne peut bien évidemment pas rester en marge des efforts déployés par nombre de secteurs dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Covid-19, à travers la fabrication d’équipements de protection pour les structures de santé et autres services concernés », précise, d’emblée, le directeur de la Chambre d’Artisanat et des métiers de Aïn Defla (CAM), Djilali Choumani.

En l’espace de trois mois (de mars à fin mai 2020), à Aïn Defla, le secteur de l’artisanat a procédé à la confection de près de 60.000 bavettes, 4.200 tabliers et 1.200 combinaisons médicales, a-t-il souligné, relevant l’adhésion de tous les artisans de la wilaya en vue de contribuer, à leur manière, à la lutte contre la pandémie.

Selon lui, le défi à relever depuis le début du mois de juin consiste désormais à confectionner 24. 000 bavettes par semaine comme exigé par le ministère de l’Artisanat.

Pour atteindre cet objectif, et en sus de la mobilisation des artisans des régions d’El Attaf, Khémis Milinana, Aïn Defla, El Amra, Rouina, Miliana et Hammam Righa, il a été décidé de recourir au centre de Djendel (50 km au sud-est du chef-lieu de wilaya), versé dans la confection de tapis.

« Cette structure dédiée à la confection de tapis est actuellement à l’arrêt mais nous avons jugé opportun de la remettre en marche à la faveur de cette opération de confection de bavettes sachant que plus de 1.000 unités peuvent y être produites quotidiennement »,a-t-il assuré.

Rareté et cherté de la matière première, un écueil loin d’être dissuasif L’autre défi à surmonter consiste, pour ce responsable, à faire en sorte que l’artisan fabrique une bavette de bonne qualité tout en l’aidant à la commercialiser à un prix « raisonnable », reconnaissant que cette mission est « loin de constituer une sinécure » en raison de l’envolée du prix du tissu et de sa rareté.

« De 3.800 DA ,il y a quelques mois, le prix du rouleau de tissu a presque triplé depuis le début de la pandémie, passant à 10.000 DA », a-t-il déploré.

Il a noté que même si des bienfaiteurs continuent à approvisionner les artisans en tissus, il n’en demeure pas moins que l’acquisition de quantités supplémentaires de ce produit est nécessaire pour relever le défi inhérent à la confection de bavettes.

Néanmoins, en dépit de ces difficultés en matière d’acquisition de la matière première, la mobilisation des artisans pour approvisionner le marché en bavettes semble inébranlable, soutient M.Choumani, assurant que nombre d’entre eux n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour accmplir les achats nécessaires.

Lui emboîtant le pas,Fatma Zorgui, couturière spécialisée dans l’habillement traditionnel activant à El Amra (20 km au nord-ouest de Aïn Defla), s’attarde, pour sa part, sur une matière indispensable dans la confection des bavettes, l’élastique en l’occurrence.

« Par le passé, un paquet d’élastique (50 mètres) coûtait 250 dinars mais aujourd’hui, un (1) mètre est cédé moyennant 20 dinars, c’est dire qu’en matière de disponibilité de la matière première, les choses ne se présentent pas toujours pour nous sous les meilleures auspices », a-t-elle témoigné.

Avec plus de 500 bavettes confectionnées par jour et des dizaines de tabliers, cette mère de famille employant chez elle (elle n’a pas d’atelier), huit (8) travailleuses ne compte pas baisser les bras et se dit déterminée à donner le meilleur d’elle-même dans ce combat contre le Covid-19.

« Même ma fille de 18 ans qui se présentera cette année aux épreuves du baccalauréat ne peut me laisser seule sans me prêter main forte pour accomplir cette action humanitaire à plus d’un titre », a-t-elle soutenu.



allafrica

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