Au Royaume-Uni, la crainte des décrochages scolaires après le report de la rentrée en septembre



Le gouvernement Johnson avait annoncé que tous les élèves du primaire retourneraient à l’école au moins une fois avant les vacances d’été. Mardi 9 juin, le secrétaire d’État à l’Éducation a acté l’abandon de cet objectif pour préparer au mieux la rentrée de septembre.

Avec des écoles primaires fermées depuis le 20 mars, certains écoliers britanniques pourraient passer près de six mois sans école. Devant la Chambre des communes, mardi 9 juin, le secrétaire d’État à l’Éducation, Gavin Williamson, a admis qu’un retour de tous les élèves en classe avant l’été n’était plus à l’ordre du jour et qu’il préférait désormais se concentrer sur la préparation de la rentrée de septembre.

Selon le journal The Times, Gavin Williamson n’a pas été aidé par Boris Johnson. Début mai, le Premier ministre avait fixé l’objectif d’une rentrée le 1er juin pour les écoles primaires, sans juger bon de consulter les autorités sanitaires ou le corps enseignant. Cette précipitation avait suscité une certaine défiance :

Gavin Williamson […] s’est retrouvé seul à essayer de persuader les parents que l’on pouvait rouvrir les écoles en toute sécurité avec des résultats mitigés. Le projet de réouverture des écoles primaires à compter du 1er juin a dû être amendé quand il est devenu évident que l’on se dirigeait vers un conflit ouvert avec de nombreux conseils et directeurs d’établissements.”

Les élèves en difficulté pénalisés

Pour autant, le report de la réouverture des écoles ne satisfait personne. De nombreux parlementaires et anciens responsables du secteur éducatif craignent une vague de décrochages scolaires pouvant pénaliser les élèves en difficulté. Au Times, l’ancienne secrétaire d’État à l’Éducation de Theresa May, Justine Greening, a partagé son inquiétude de voir l’éducation reléguée au second rang des priorités : “Il y a eu un effort national pour aider le système de santé publique (NHS) et protéger les emplois, nous avons besoin de la même chose pour les écoles”, a-t-elle déclaré.

Les parlementaires – qui soulignent le paradoxe de voir les pubs et les parcs publics rouvrir mais pas les établissements scolaires – réclament désormais un plan pour assurer le rattrapage des élèves en difficulté durant l’été. Les contraintes sanitaires sont de taille et la nécessité d’assurer la distanciation sociale toujours plus prégnante à l’heure où le pays déplore plus de 40 000 victimes du Covid-19. Des espaces inoccupés par les entreprises pourraient être loués et des professeurs à la retraite rappelés en urgence.

Le nombre d’élèves par classe étant de fait limité, Justine Greening parle d’“une occasion que le gouvernement doit impérativement saisir. S’il la laisse passer, Boris Johnson pourrait bien présider à une baisse générale du niveau [scolaire] plutôt qu’à sa remontée”, ajoute-t-elle.

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Le plus ancien des quotidiens britanniques (1785) et le plus connu à l’étranger appartient depuis 1981 à Rupert Murdoch. Il a longtemps été le journal de référence et la voix de l’establishment. Aujourd’hui, il a un peu perdu de son influence et les

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