Brexit : Londres exclut définitement toute négociation au-delà du 31 décembre



Le débat est clos. Sans attendre que Boris Johnson rencontre, ce lundi par vidéoconférence, les présidents des trois grandes institutions européennes afin de redonner du souffle aux discussions des deux blocs sur leurs futures relations commerciales, Londres a déjà coupé court, vendredi, à toute nouvelle discussion sur une extension de ces négociations au-delà de la fin de l’année. « C’est réglé », a dit le numéro deux du gouvernement britannique, le ministre Michael Gove, dès vendredi, confirmant ainsi officiellement ce que le gouvernement britannique martelait depuis des mois.

Michael Gove « n’aurait pas pu être plus clair », a résumé le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic à l’issue d’une réunion avec lui à distance. « Je le prends comme la conclusion définitive de cette discussion ». Prenant lui aussi note de la décision britannique, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a prévenu que les deux parties «devaient maintenant faire des progrès sur le fond ».

Contrôles douaniers progressifs

Montrant qu’il se prépare au risque d’une sortie sans accord avec l’UE, le Royaume-Uni a aussi lâché vendredi du lest sur l’entrée en vigueur des nouveaux contrôles douaniers qu’il imposera à compter du 1er janvier aux importations de marchandises venant de l’UE . Pour ne pas pénaliser davantage ses entreprises déjà affectées par la crise du coronavirus, il renonce à les mettre en place du jour au lendemain et prévoit désormais de le faire par étapes jusqu’au 1er juillet 2021.

Sur le premier semestre, les entreprises britanniques achetant des produits dans l’UE (hors alcool et tabac) devront ainsi tenir un registre de leurs importations, mais auront six mois pour en faire la déclaration aux douanes, et en payer les droits. Des pré-notifications devront être transmises aux autorités sanitaires à partir d’avril pour les produits d’origine végétale et animale. Et le gouvernement versera 50 millions de livres pour aider au recrutement et à la formation des 50.000 agents de douane nécessaires.

Intensification

Mais l’espoir reste d’éviter un tel scénario – en parvenant à un accord au sujet de la relation future, qui permettrait aux marchandises de continuer à circuler librement. Alors que les derniers cycles de négociation ont produit des résultats très décevants , chaque camp campant sur des points qu’il juge non négociables, l’espoir est que la rencontre de ce lundi impulse une nouvelle dynamique politique. Plutôt qu’une percée sur le fonds, la vidéoconférence avec Urusla von der Leyen, Charles Michel et David Sassoli (respectivement présidents de la Commission, du Conseil européen et du Parlement) devrait envoyer un signal de volontarisme.

C’est en effet un rare point de convergence entre les deux camps : il y a urgence à avancer. En théorie, compte tenu des délais de ratification, il faudrait que les négociateurs trouvent un compromis avant la fin octobre, malgré un cahier des charges gigantesque . D’ores et déjà, les deux équipes ont annoncé un changement de méthode pour intensifier les discussions. Au-delà des cycles de négociation traditionnels, des rencontres vont avoir lieu sur une base hebdomadaire, y compris en juillet et à la fin août.

Alexandre Counis et Gabriel Grésillon (Correspondants à Londres et à Bruxelles)



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