Arrondissement 7 de Bobo-Dioulasso : Des habitants du non-loti de Belle-Ville dénoncent une spéculation sur les terres


Le Collectif des associations de la zone non-lotie de Belle-Ville, dans l’arrondissement 7 de la commune de Bobo-Dioulasso, a animé une conférence de presse ce mardi 16 juin 2020. Cette rencontre avec les professionnels des médias avait pour objectif, selon le président du collectif, Yacouba Ouattara, de permettre à l’opinion communale et nationale de mieux comprendre ce qui se passe dans leur zone, et de mobiliser les bonnes volontés pour soulager les souffrances des milliers de familles qui vivent une « injustice sociale » depuis plus d’une décennie.

La question de la zone non-lotie du secteur 29, quartier Belle-Ville, dans l’arrondissement 7 de la commune de Bobo-Dioulasso, continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. En effet, le 6 mai 2020, des habitants du quartier « Sonsoribougou » (le non-loti de Belle-Ville), organisaient une conférence de presse pour dénoncer ce qu’ils qualifient « d’abus de pouvoir » du maire Herman Sirima. Ces habitants, installés illégalement dans cette zone, étaient sommés de quitter les lieux. A travers cette conférence de presse, ils prenaient ainsi l’opinion publique à témoin.


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Ce mardi 16 juin 2020, un autre groupe, qui se réclame autochtone de la zone non-lotie de Belle-Ville, a animé, à son tour, une conférence de presse pour dénoncer les sorties médiatiques de ce premier groupe. Réunis au sein du Collectif des associations de la zone non-lotie de Belle-ville, les conférenciers du jour disent ne pas reconnaître les habitants du quartier « Sonsoribougou » comme des habitants du non-loti. « Les habitants du non-loti de Belle-Ville se reconnaissent parce que cela fait plus de dix ans que nous sommes installés dans cette zone. Nous sommes les autochtones de la zone et nous ne reconnaissons pas l’autre groupe. Nous ne les reconnaissons pas en tant qu’habitants du non-loti de Belle-Ville », a martelé le président du collectif, Yacouba Ouattara.

Yacouba Ouattara, président du collectif des associations de la zone non lotie de Belle-ville

A en croire les conférenciers, ces habitants se seraient installés sur le nouveau site négocié avec les propriétaires terriens par le maire Sirima, pour leur relogement. « Le maire Sirima avait pris des engagements vis-à-vis de nous. Aujourd’hui, le site qu’il a trouvé pour notre relogement est spéculé par d’autres personnes. Les centaines d’hectares acquis pour que cette masse puisse être loger sont spéculés par des gens pour reconstruire des maisons spontanées », a déploré Yacouba Ouattara, qui a par ailleurs affirmé, au nom des habitants autochtones de la zone non-loti de Belle-Ville, que Herman Sirima est l’homme de la solution. Car, selon eux, ce dernier aurait mené plusieurs actions sur le terrain afin qu’une issue favorable soit trouvée pour permettre leur relogement.

Des populations sorties nombreuses

« Tout ce que les gens racontent sur le maire n’est pas vrai. Depuis que Herman Sirima est à la tête de la mairie de l’arrondissement, il a cherché à identifier le problème dans cette zone, à savoir qui est résident ou pas. Il a pris le problème à bras-le-corps à travers plusieurs rencontres qu’il a initiées. C’est pourquoi, nous gardons espoir car nous savons qu’il pourra ressourdre le problème », a-t-il laissé entendre. Selon lui, les habitants du quartier Sonsoribougou ne les ont jamais approchés par rapport à leur problème de déguerpissement. « Ces populations ne nous ont jamais approchés. Et ce n’est pas à nous d’aller vers elles car nous sommes les autochtones », a-t-il déclaré.

Yacouba Ouattara a affirmé que cette conférence de presse constitue, pour eux, un signal fort pouvant contribuer à régler les problèmes des habitants de la zone non-lotie de Belle-Ville qui souffrent de cette situation depuis le recensement de la zone en décembre 2007. Selon eux, cela fait douze ans que les premiers habitants de la zone souffrent le martyr. Malgré leur situation précaire, ils ont toujours gardé espoir. Mais depuis 2007, ils n’ont pas été attributaires. Ces habitants disent être passés de l’espoir au désespoir.


Des journalistes présents à la conférence de presse

« Aujourd’hui, nous devons notre salut au maire Herman Sirima qui nous a beaucoup soutenus. C’est grâce à ses actions que nous n’avons pas été délogés jusqu’à présent. Soucieux de lever nos préoccupations qui durent il y a plus de douze années, le maire s’est engagé à trouver des palliatives afin de nous satisfaire. C’est dans cette perspectives que ce dernier refuse la création de nouveaux habitations spontanées qui ne feront qu’amplifier les problèmes qui existent déjà, et que nous peinons à solutionner », a indiqué Yacouba Ouattara.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini

Lefaso.net





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