Au Burkina Faso, un magistrat poursuivi pour «tentative d’escroquerie»



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Le magistrat et un intermédiaire ont proposé au maire de la capitale de faire « classer » une affaire dans laquelle l’édile est cité. Les prévenus avaient demandé  une somme de 70 000 000 millions de FCFA pour étouffer l’affaire. Suite à une enquête d’un journal, le procureur s’est saisi de l’affaire et le magistrat et son acolyte séjournent depuis quelques jours à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou en attendant leur passage devant un juge.

Avec notre correspondant à Ouagadougou,  Yaya Boudani

Tout est parti d’une affaire d’acquisition de 77 véhicules pour le compte de la commune de Ouagadougou. Acquis par crédit-bail à plus de 4,5 milliards de francs CFA selon un journal d’investigation, ces véhicules ne seront plus la propriété de la commune au bout de cinq ans d’utilisation. Le courrier confidentiel accuse le maire Armand Beouindé d’avoir des intérêts économiques avec l’entreprise attributaire du marché de véhicules. La justice ouvre alors une enquête pour vérifier la procédure d’acquisition de ces véhicules.

Narcisse Sawadogo, juge à la cour d’appel de Ouagadougou, et Alassane Bagagnan, un intermédiaire, proposent leur service au maire. Contre une somme de 70 millions de Francs CFA, ils promettent de faire « classer le dossier » grâce à leurs contacts au sein de l’appareil judiciaire. Le maire de la capitale enregistre la conversation.

Le procureur diligente une nouvelle enquête. Le magistrat et son acolyte sont épinglés. Auditionnés, ils sont déférés à la maison d’arrêt et de correction. Ils doivent répondre des faits de « tentative d’escroquerie et de diffamation suivant la procédure de flagrant délit » explique Harouna Yoda, le procureur du Faso. Ils encourent jusqu’à cinq ans de prison. Dans cette affaire d’escroquerie, aucune charge n’est retenue contre le maire, en attendant la fin de l’enquête sur l’acquisition des 77 véhicules.



rfi

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