Agriculture : Les acteurs se penchent sur les préoccupations des organisations paysannes


Dans le cadre de la signature en 2019 de l’accord d’engagement pour un accroissement du budget relatif aux semences améliorées, aux engrais, aux équipements et à l’encadrement technique, le ministère en charge de l’Agriculture et les organisations paysannes ont organisé, ce jeudi 18 juin 2020 à Ouagadougou, une séance de travail sur les préoccupations des organisations paysannes et les avancées dans la mise en œuvre des engagements du ministère de l’Agriculture. A cette rencontre, les deux partenaires ont passé en revue les dépenses publiques pour la transformation des exploitations familiales.

Au Burkina Faso, l’agriculture repose essentiellement sur les exploitations familiales qui assurent plus de 80% de la production agricole nationale. Malgré ce rôle majeur que joue ce secteur dans le développement du pays, l’agriculture ne semble pas bénéficier de tous les appuis nécessaires pour son développement. C’est dans ce cadre qu’en janvier 2019, un accord d’engagement pour un accroissement du budget relatif aux semences améliorées, aux engrais, aux équipements et à l’encadrement technique a été signé.

Pour mesurer les avancées de cet engagement pris entre le ministère en charge de l’Agriculture et les organisations paysannes, une séance de travail a été organisée par les deux partenaires pour évaluer la mise en œuvre des décisions pour la transformation des exploitations familiales.

Tableau 1

Dans ce contexte, l’Organisation néerlandaise de développement (SNV), en partenariat avec des organisations intervenant dans le domaine agricole, a mis en œuvre un programme de plaidoyer dénommé « Voix pour le changement (V4CP) ». Ce plaidoyer vise essentiellement à rendre disponible et à faciliter l’accès des exploitants familiaux aux intrants agricoles. Les organisations paysannes, au cours de cette rencontre, ont passé en revue les dépenses publiques pour la transformation des exploitations familiales.

Tableau 2

« C’est une satisfaction pour la SNV de voir cette rencontre se tenir, deuxième du genre. Cela traduit la volonté du gouvernement d’accompagner les organisations paysannes. La SNV, en initiant ce programme ‘‘Voix pour le changement’’, ne visait que cet objectif », s’est réjoui le représentant de la SNV, Didier Couldiaty.

Au niveau des exploitations agricoles, on note quelques difficultés évoquées par les organisations paysannes. Pour elles, la subvention de l’Etat couvre faiblement leurs besoins en engrais minéraux, en semences améliorées et en équipements agricoles.

Le représentant de la SNV, Didier Couldiati

Pour l’accès aux crédits, la plupart des exploitants se heurte à de nombreuses difficultés au titre desquelles, il faut citer le coût du crédit agricole. Il constitue un frein à la transition du producteur qui doit évoluer d’une production manuelle à une production basée sur des équipements adéquats.

Pour le secrétaire général de la Fédération des professionnelles agricoles du Burkina, Marc Gansonré, « des efforts ont été faits depuis le plaidoyer de 2016, mais nous subissons encore des insuffisances dans la mise en disposition des équipements agricoles, l’appui-conseil et les semences améliorées. »

Le secrétaire général de la fédération des professionnelles agricoles du Burkina, Marc Gansoré

Concernant le genre, la place des femmes dans l’agriculture est à un taux de 52%. Et 56% des responsables de parcelles en 2017-2018 étaient des femmes. Les cultures pratiquées par les femmes sont faiblement couvertes en semences améliorées. Il s’agit de l’arachide, du sorgho blanc, du mil et du niébé.

Pour les organisations paysannes, la sécurité alimentaire et nutritionnelle est une question de souveraineté nationale et aucun partenaire technique et financier, qui qu’il soit, ne doit décider pour le Burkina. Pour ce faire, elles recommandent à l’Etat de faire des réformes en invitant les partenaires à s’aligner.

« Nous travaillons à améliorer les exploitations familiales afin d’atteindre la sécurité alimentaire au Burkina Faso. Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’un travail est fait. Les organisations avaient souhaité au moins 50 mille tonnes d’engrais par an pour les producteurs ; mais à ce jour, nous sommes à environ 40 mille tonnes. Ce qui veut dire que le département fait des efforts », a souligné le ministre en charge de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo.

Le ministre en charge de l’agriculture, Salifou Ouédraogo

Au regard de l’importance stratégique et multisectorielle de la nutrition, les organisations dénoncent le projet de décret en cours d’élaboration pour la création d’un Conseil national de la nutrition, tout en laissant en l’état le Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA). Elles interpellent les autorités politiques à opter pour un modèle de coordination unique dans lequel tous les acteurs se reconnaîtront.

O.I.

Lefaso.net





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