Cameroun: Bonamoussadi – Les commerçants réclament un marché moderne


Bonamoussadi, 1989. Dans ce quartier de Douala encore largement occupé par la forêt, un petit groupe de commerçants nettoient un lopin de terre et s’y installent pour commercialiser du poisson frais. Ils seront peu à peu suivis par d’autres marchands et quatre ans plus tard, en 1993, l’espace se transmettre en marché de Bonamoussadi.

Un marché spontané en réalité, qui va continuer de s’étendre jusqu’à compter aujourd’hui près de 3000 commerçants. Des occupants installés de façon anarchique. C’est chacun en fonction de sa bourse qui donne vie à cet espace marchand en construisant des équipements en matériaux définitifs ou provisoires.

Aujourd’hui exigu, presque inaccessible à cause des étals qui bloquent les couloirs, le marché a suivi plusieurs incendies aux dégâts matériels très importants. Le dernier feu dévastateur, en 2018, avait presque rasé une bonne partie des secteurs de la friperie, de l’alimentaire et des salons de coiffure. Plus de 500 boutiques avaient été réduites en cendres. Un autre sinistre, mais de moindre envergure, a eu lieu hier 18 juin 2020, avec deux boutiques parties en fumée.

Après toutes ces difficultés, le projet de construction d’un nouveau marché de Bonamoussadi avait été mis envisagé. C’était il y a plus d’un an. Des études préalables ont été réalisées, une maquette produite, et l’entreprise adjudicataire avait été désignée. Cette première étape terminée, les commerçants ont été convoqués pour plusieurs rencontres autour du projet pour s’imprégner de l’étude de faisabilité.

Ils ont adhéré, fondé beaucoup d’espoir sur ce nouvel espace marchand qui selon eux devait résoudre de nombreux problèmes. Problèmes notamment de commodités, de stationnement, d’accès, d’espaces de stockage et de conservation des marchandises, etc. Les marchands ont même intégré le projet à travers la Société métropolitaine d’investissement de Douala (Smid,) en prenant des parts.

Aujourd’hui c’est avec amertume que les commerçants évoquent le projet de construction du marché de Bonamoussadi. Celui-ci n’a pas vu le jour, ils ne sont pas en possession de leur dû et la présence des supermarchés tout autour n’est pas pour arranger les choses. L’espace commercial est resté intact et les commerçants sont toujours aussi mal lotis, malgré les taxes versées tous les mois. »

L’autre difficulté soulignée est la gestion interne du marché. Les commerçants estiment n’avoir pas une véritable équipe dirigeante pour gérer leurs intérêts, ils aimeraient élire leur bureau. Ils fondent ainsi les espoirs sur le nouvel exécutif de la mairie de Douala et de la commune d’arrondissement de Douala V pour les aider à réaliser leur rêve.



allafrica

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