Afrique de l’Ouest: La BCEAO lance son programme en ligne de formation et d’encadrement des acteurs de l’UEMOA


Le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest a procédé au lancement officiel du programme conjoint BCEAO-HEC Paris de renforcement des capacités et d’accompagnement du secteur bancaire de l’UEMOA.

C’était au cœur d’un webinar international de deux tours d’horloge qui s’est tenu dans la matinée de ce jeudi 18 juin.

Cette plate-forme qui a regroupé des acteurs du secteur bancaire de l’UMOA et d’autres pays d’Afrique, a permis d’échanger et mener des réflexions sur les voies et moyens permettant d’atténuer les effets de la pandémie de COVID 19 sur le système bancaire et financier de l’espace communautaire.

Selon M. Tiémoko Meyliet Kone, cette initiative inaugure un nouvel axe de collaboration avec HEC Paris, qui occupe, depuis plus d’une décennie, les premiers rangs du classement des programmes de formation continue dans le monde.

A l’en croire, cette nouvelle dynamique de partenariat avec HEC Paris s’inscrit aussi dans la ligne droite de sa récente décision de réformer le Centre Ouest Africain de Formation et d’Etudes Bancaires.

En effet, poursuit-il, le COFEB a été érigé récemment en Direction Générale. Avant de rappeler que l’objectif est d’en faire un Centre de Formation et de Recherche de référence, qui soit en mesure de mieux accompagner le développement des compétences de l’ensemble des acteurs des secteurs monétaires et financiers.

Il a donc insisté sur l’importance de cette coopération pour le renforcement des capacités managériales de notre espace bancaire et financier et une amélioration subséquente de la qualité des services à la clientèle.

Durant cette session M. Tiémoko Meyliet Kone a fait part de la conscience des autorités communautaires que cette crise majeure de COVID-19 produit déjà des changements sur les modèles économiques de plusieurs secteurs d’activités, en particulier le secteur bancaire.

A son avis, cette nouvelle donne, qui entraîne des changements, mérite d’être bien appréhendée pour être prise en charge avec la plus grande efficacité.

Une amélioration significative du financement des économies de l’UMOA

Malgré cette tempête qui n’épargne aucune région du monde, le gouverneur de la BCEAO s’est montré très optimiste vu les actions entreprises par l’institut d’émission pour atténuer l’impact de la COVID-19 sur les économies de l’UEMOA.

Des initiatives de la BCEAO qui, à l’en croire, ont permis, notamment, d’améliorer significativement le financement des économies, de renforcer la résilience du système bancaire, d’accroître l’inclusion financière des populations et de soutenir la croissance dans l’UMOA.

En effet, et pour donner une idée, M. Meyliet informe que l’encours des titres publics mobilisés sur le marché régional, rapporté au PIB est passé de 8,4 % en 2013 à 13,6% en 2019.

Par ailleurs, a-t-il ajouté, le ratio du crédit au secteur privé sur le PIB est de 27,1% en 2019 contre 19,9% en 2012.

De même, a-t-il poursuivi, le taux d’inclusion financière dans l’UMOA est estimé à 59,7% en 2019, en hausse de 31,1% par rapport à son niveau de 2012.

De plus, la crédibilité et l’attractivité du système bancaire de l’UMOA se sont renforcées.

A l’en croire, « ces résultats satisfaisants, salués par les partenaires internationaux, mais aussi par la profession bancaire, nous encouragent à aller plus loin en matière de réformes ».

Un optimisme nourri par un meilleur potentiel des banques africaines pour le futur

Le spécialiste du secteur bancaire, M. Pr Patrick Legland, par ailleurs Professeur Affilié à HEC, dans un regard prospectif, plonge dans ce même optimisme.

« Je suis très optimiste pour les banques et les économies africaines car selon plusieurs études, elles ont l’un des meilleurs potentiels sur le futur en terme de rentabilité des capitaux propres par rapport aux autres banques mondiale ».

Pour la zone UEMOA, cette bonne note semble aller dans le même sens que les initiatives prises par la BCEAO en termes d’inclusion financière, de digitalisation des moyens de paiement, la promotion de la finance islamique, entre autres.

Par ailleurs, M. Legland invite les acteurs à plus de prudence sur la solvabilité qui présente des risques de transmission, et appuyer la digitalisation et l’inclusion financière.

Pour mieux s’accrocher sur la dynamique impulsée par cette bouée de sauvetage que constituent les mesures d’urgence qui ont été prises, la fédération des associations de professionnels de banque de l’Uemoa sollicité l’examen de certaines difficultés liées à la gestion de la crise.

Selon son président, M. Brahima Aïdara, « en dépit des mesures de la BCEAO, les établissements financières souffrent toujours de l’impact de la COVID ».

D’après lui, la pandémie a engendré la rareté des dépôts de la clientèle, une crainte de la dégradation de la qualité des portefeuilles, impact sur les résultats net…



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