Berlin et Paris unis pour relever les défis de la présidence allemande de l’UE



A huit jours du début de la présidence tournante allemande de l’UE, le couple franco-allemand affiche un front uni pour relever les défis d’un semestre qui s’annonce décisif pour l’avenir du projet européen. « Notre coopération est plus importante que jamais », a souligné lundi le ministre de l’Economie, Peter Altmaier, en accueillant dans son ministère Bruno Le Maire. Après trois mois d’échanges virtuels, la première visite physique du ministre de l’Economie et des Finances à Berlin avait valeur de symbole.

En rencontrant d’abord le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, il a d’ailleurs souligné que cette unité était fondée sur des liens profonds. Et de saluer la notoriété d’Olaf Scholz en France mais aussi celle de son frère médecin, Jens Scholz, ayant accueilli plusieurs patients français malades du coronavirus dans son hôpital universitaire à Kiel. Dans la foulée de cet hommage à « la famille Scholz », Bruno Le Maire a assuré l’Allemagne « du plein soutien de la France pour faire de cette présidence un énorme succès ».

Un appel à plus d’intégration politique…

Le gros morceau des échanges des deux ministres a porté sur leur stratégie pour arracher un accord à 27 sur le plan de relance européen de 750 milliards d’euros dès le mois prochain. « Il nous faut un compromis aussi vite que possible, cela est dans l’intérêt de tous les pays membres : nous sommes tous membres d’un seul marché », a martelé Bruno Le Maire en référence aux réticences des quatre pays dits « frugaux » . Olaf Scholz s’est félicité du « signe clair » de l’UE en faveur de plus de solidarité, tandis que Bruno Le Maire a mis en garde contre des conditions trop nombreuses au versement de l’aide financière qui risquaient de rendre ce plan moins efficace.

Ce dernier n’est cependant que le point de départ d’une Europe politiquement plus intégrée, a souligné Bruno Le Maire. Le renforcement de l’Union bancaire et de l’Union des marchés de capitaux figure au sommet de l’agenda du couple franco-allemand, tout comme la création d’un impôt minimal international sur le bénéfice des entreprises et d’une taxe numérique , qu’Olaf Scholz espère obtenir d’ici à la fin de l’année.

… et plus de souveraineté économique

La montée en puissance des géants du numérique qui échappent à la fiscalité européenne et la prise de conscience sur le Vieux Continent de l’importance de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement ont enfin propulsé au rang de priorité le thème de la souveraineté européenne. « Nous avons été très critiqués sur notre projet de créer des champions industriels en Europe mais nous avions raison : la Commission européenne est en train de modifier son approche », a souligné Bruno Le Maire.

« Nous ne décidons pas pour les entreprises mais avec elles », a renchéri Peter Altmaier. Après l’Europe des batteries et un accord sur le projet de cloud européen Gaïa X , les deux ministres veulent pousser de nouveaux projets industriels communs dans le domaine de la santé mais aussi de l’hydrogène pour accélérer le verdissement de l’économie européenne.

Outre le mécanisme de taxation de CO2 aux frontières et le système de quotas d’émission, la France souhaiterait accompagner le « Green Deal » d’Ursula von der Leyen en étendant au-delà des frontières européennes la fin des garanties à l’export pour des projets de recherche et production de charbon. Au vu de cet agenda, « il est temps d’aller travailler », a conclu Peter Altmaier en français.



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