à gauche, un futur vert-rose-rouge se dessine, tout en nuances



À l’approche du second tour des municipales ce dimanche 28 juin, L’Espresso passe en revue les forces encore en course dans les principales métropoles françaises. Pour l’hebdomadaire transalpin, le constat est flagrant : à gauche, la tendance est à former des alliances où les Verts ont souvent un rôle prépondérant. Une dynamique destinée à se confirmer pour la présidentielle ?

Interviewé dans les colonnes de L’Espresso, le directeur du département “opinion et stratégies d’entreprise” de l’institut de sondages Ifop détaille les caractéristiques du vote vert en France :

C’est avant tout une tendance urbaine. Le parti recueille environ 11 % des voix dans les communes de moins de 1 000 habitants, 13 % dans les villes de 10 000 à 20 000 habitants et 20 % dans les communes de plus de 200 000 habitants.”

Le premier tour, le 15 mars, a dessiné une tendance claire : le parti de Julien Bayou est fort, voire très fort, dans les grandes métropoles. Europe Écologie-Les Verts (EELV) a terminé en tête du scrutin à Lyon, Grenoble et Strasbourg, et a obtenu de très bons résultats à Nantes, Rennes et Lille. Mais ce qui intéresse l’hebdomadaire romain, ce n’est pas tant d’analyser les raisons de ce succès que d’essayer de comprendre les perspectives que ce nouvel équilibre des forces à gauche dessine pour le futur.

“Une seconde vie pour la gauche” ?

“Pour les Verts français, le mot d’ordre, c’est l’union, juge L’Espresso. Parce que, pour le parti de Julien Bayou, ce scrutin n’est pas seulement l’occasion d’une conquête historique de certaines métropoles françaises, mais aussi la possibilité unique en Europe d’offrir une seconde vie à la gauche, qui, en France, a été brisée par la montée en force de La République en Marche.”

L’heure est donc aux alliances, mais lesquelles ? Comme l’indique l’hebdomadaire italien :

Dans chaque ville, c’est une histoire différente qui est en train de s’écrire. Il y a des communes où les Verts vont concourir seuls au second tour, d’autres où ils sont en tandem avec les socialistes et/ou avec l’extrême gauche de la France insoumise.”

L’Espresso se lance donc dans un mini-tour de France des alliances qui englobent EELV, en commençant bien entendu par la Ville lumière. “À Paris, Anne Hidalgo est déjà presque assurée de sa réélection, grâce à ses 30 % obtenus au premier tour et à l’accord signé avec la liste écologiste de David Belliard.”

L’homme, qui avait obtenu 11 % des suffrages au premier tour, a obtenu des concessions importantes de la part de la maire sortante, parmi lesquelles “la révision des grands projets immobiliers, la pérennisation de l’élargissement des pistes cyclables crées pendant la pandémie ou encore la réduction de la vitesse à 30 km/h dans Paris”.

De la capitale, l’hebdomadaire italien prend le train pour Rennes, ville où les socialistes et les Verts se sont alliés en suivant l’exemple parisien. Là encore, Nathalie Appéré, la candidate au poste d’édile, appartient au camp rose, mais, selon le journal romain, en raison de l’accord, le programme de la maire de Rennes a pris une teinture beaucoup plus verte. “Nathalie Appéré a notamment accepté d’expérimenter le revenu minimum garanti et d’investir lourdement dans les transports publics et les pistes cyclables.”

“En France, les Verts ont toujours été un parti de lutte”

Lyon est un cas de figure inverse. Ici, c’est l’écologiste Grégory Doucet qui, vainqueur du premier tour, mène la “coalition pastèque” (en référence à la couleur des partis qui la compose, EELV, PS et LFI). “Cette unité à gauche est dans nos cordes, selon le candidat, car en France, ce qui n’est pas le cas ailleurs en Europe, les Verts ont toujours été un parti de lutte.”

Autre métropole où EELV mène la coalition, Toulouse. Ici, “l’écologiste Antoine Maurice a réussi à s’allier avec la France insoumise, le Parti socialiste et les communistes contre le baron local de la droite, Jean-Luc Moudenc”. Dans la Ville rose, la fracture idéologique est aussi générationnelle, indique L’Espresso, qui relaye les résultats d’un sondage :

Archipel citoyen [c’est le nom de la coalition] séduit 69 % des moins de 35 ans et 64 % des 35-49 ans, tandis que le candidat de droite a le soutien de 55 % des 50-64 ans et de 78 % des plus de 65 ans. Un symbole des tendances en cours au niveau national.”

Les “échecs” de Lille et de Strasbourg

Si les ententes à gauche sont nombreuses et importantes, L’Espresso rappelle également que, dans certaines villes, ces unions ont échoué. C’est le cas à Lille, où “Martine Aubry n’a pas accepté de céder une partie de son pouvoir aux alliés verts, bien que ceux-ci l’aient soutenue depuis 2001”. Sûrs de leurs forces, ce sont parfois les candidats écologistes qui ont refusé de sceller des pactes avec les socialistes.

C’est le cas à Strasbourg, où “Jeanne Barseghian, la candidate d’EELV, sortie en tête au premier tour, n’a pas voulu du soutien des socialistes”, pointe le journal romain. Là où les alliances de gauche n’ont pas vu le jour, c’est souvent “des ententes inédites qui se sont dessinées, à droite, entre LREM et Les Républicains”. “Une coalition qui, au lendemain du vote du 28 juin, pourrait porter un coup aux espoirs des rose et vert”, estime L’Espresso.

Objectif : la présidentielle 2022

Car selon l’hebdomadaire italien, l’objectif ultime de ces “coalitions pastèque” pourrait bien être de créer un projet viable pour l’échéance électorale la plus importante de toutes, celle de la présidentielle 2022. Comme le rappelle L’Espresso, cette perspective avait d’ailleurs été évoquée par l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot lui-même, qui avait parlé d’une “vraie alternative à l’extrême droite, non seulement pour les élections régionales, mais aussi pour la présidentielle de 2022”.

Source

Fondé en 1955 par Eugenio Scalfari, qui créera ensuite La Repubblica, le titre s’est vite imposé comme le grand hebdomadaire du centre gauche. Il appartient à l’industriel piémontais Carlo De Benedetti, qui possède également

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Interviewé dans les colonnes de L’Espresso, le directeur du département “opinion et stratégies d’entreprise” de l’institut de sondages Ifop détaille les caractéristiques du vote vert en France :

C’est avant tout une tendance urbaine. Le parti recueille environ 11 % des voix dans les communes de moins de 1 000 habitants, 13 % dans les villes de 10 000 à 20 000 habitants et 20 % dans les communes de plus de 200 000 habitants.”

Le premier tour, le 15 mars, a dessiné une tendance claire : le parti de Julien Bayou est fort, voire très fort, dans les grandes métropoles. Europe Écologie-Les Verts (EELV) a terminé en tête du scrutin à Lyon, Grenoble et Strasbourg, et a obtenu de très bons résultats à Nantes, Rennes et Lille. Mais ce qui intéresse l’hebdomadaire romain, ce n’est pas tant d’analyser les raisons de ce succès que d’essayer de comprendre les perspectives que ce nouvel équilibre des forces à gauche dessine pour le futur.

“Une seconde vie pour la gauche” ?

“Pour les Verts français, le mot d’ordre, c’est l’union, juge L’Espresso. Parce que, pour le parti de Julien Bayou, ce scrutin n’est pas seulement l’occasion d’une conquête historique de certaines métropoles françaises, mais aussi la possibilité unique en Europe d’offrir une seconde vie à la gauche, qui, en France, a été brisée par la montée en force de La République en Marche.”

L’heure est donc aux alliances, mais lesquelles ? Comme l’indique l’hebdomadaire italien :

Dans chaque ville, c’est une histoire différente qui est en train de s’écrire. Il y a des communes où les Verts vont concourir seuls au second tour, d’autres où ils sont en tandem avec les socialistes et/ou avec l’extrême gauche de la France insoumise.”

L’Espresso se lance donc dans un mini-tour de France des alliances qui englobent EELV, en commençant bien entendu par la Ville lumière. “À Paris, Anne Hidalgo est déjà presque assurée de sa réélection, grâce à ses 30 % obtenus au premier tour et à l’accord signé avec la liste écologiste de David Belliard.”

L’homme, qui avait obtenu 11 % des suffrages au premier tour, a obtenu des concessions importantes de la part de la maire sortante, parmi lesquelles “la révision des grands projets immobiliers, la pérennisation de l’élargissement des pistes cyclables crées pendant la pandémie ou encore la réduction de la vitesse à 30 km/h dans Paris”.

De la capitale, l’hebdomadaire italien prend le train pour Rennes, ville où les socialistes et les Verts se sont alliés en suivant l’exemple parisien. Là encore, Nathalie Appéré, la candidate au poste d’édile, appartient au camp rose, mais, selon le journal romain, en raison de l’accord, le programme de la maire de Rennes a pris une teinture beaucoup plus verte. “Nathalie Appéré a notamment accepté d’expérimenter le revenu minimum garanti et d’investir lourdement dans les transports publics et les pistes cyclables.”

“En France, les Verts ont toujours été un parti de lutte”

Lyon est un cas de figure inverse. Ici, c’est l’écologiste Grégory Doucet qui, vainqueur du premier tour, mène la “coalition pastèque” (en référence à la couleur des partis qui la compose, EELV, PS et LFI). “Cette unité à gauche est dans nos cordes, selon le candidat, car en France, ce qui n’est pas le cas ailleurs en Europe, les Verts ont toujours été un parti de lutte.”

Autre métropole où EELV mène la coalition, Toulouse. Ici, “l’écologiste Antoine Maurice a réussi à s’allier avec la France insoumise, le Parti socialiste et les communistes contre le baron local de la droite, Jean-Luc Moudenc”. Dans la Ville rose, la fracture idéologique est aussi générationnelle, indique L’Espresso, qui relaye les résultats d’un sondage :

Archipel citoyen [c’est le nom de la coalition] séduit 69 % des moins de 35 ans et 64 % des 35-49 ans, tandis que le candidat de droite a le soutien de 55 % des 50-64 ans et de 78 % des plus de 65 ans. Un symbole des tendances en cours au niveau national.”

Les “échecs” de Lille et de Strasbourg

Si les ententes à gauche sont nombreuses et importantes, L’Espresso rappelle également que, dans certaines villes, ces unions ont échoué. C’est le cas à Lille, où “Martine Aubry n’a pas accepté de céder une partie de son pouvoir aux alliés verts, bien que ceux-ci l’aient soutenue depuis 2001”. Sûrs de leurs forces, ce sont parfois les candidats écologistes qui ont refusé de sceller des pactes avec les socialistes.

C’est le cas à Strasbourg, où “Jeanne Barseghian, la candidate d’EELV, sortie en tête au premier tour, n’a pas voulu du soutien des socialistes”, pointe le journal romain. Là où les alliances de gauche n’ont pas vu le jour, c’est souvent “des ententes inédites qui se sont dessinées, à droite, entre LREM et Les Républicains”. “Une coalition qui, au lendemain du vote du 28 juin, pourrait porter un coup aux espoirs des rose et vert”, estime L’Espresso.

Objectif : la présidentielle 2022

Car selon l’hebdomadaire italien, l’objectif ultime de ces “coalitions pastèque” pourrait bien être de créer un projet viable pour l’échéance électorale la plus importante de toutes, celle de la présidentielle 2022. Comme le rappelle L’Espresso, cette perspective avait d’ailleurs été évoquée par l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot lui-même, qui avait parlé d’une “vraie alternative à l’extrême droite, non seulement pour les élections régionales, mais aussi pour la présidentielle de 2022”.

Source

Fondé en 1955 par Eugenio Scalfari, qui créera ensuite La Repubblica, le titre s’est vite imposé comme le grand hebdomadaire du centre gauche. Il appartient à l’industriel piémontais Carlo De Benedetti, qui possède également

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