Burkina : « Ce peuple est formidable, mais n’a pas les dirigeants qu’il mérite », regrette Toussaint Ouédraogo, président du parti LMP


C’est visiblement avec le plein de hargne, que les géniteurs du parti, La Marche pour la patrie (LMP), officiellement lancé en mars 2020, amorcent leur descente dans l’arène politique. Avec pour siège national, Koudougou, (chef-lieu, à la fois de la province du Boukiemdé et de la région du Centre-Ouest), le LMP se présente pour ses géniteurs comme un refus de la résignation face à une situation nationale qui interpelle. Pour davantage découvrir un de ces cadets de la faune politique burkinabè, le LMP, nous avons rencontré son président. Dans cette interview qu’il nous a accordée début juin, Tégawendé Toussaint Ouédraogo, ce jeune opérateur économique s’attarde sur les valeurs et ambitions du parti et se prononce par la même occasion sur la situation du pays.

Lefaso.net : Pouvez-vous faire une présentation de votre parti ?

LMP : Tout d’abord, je tenais à dire merci pour l’opportunité que vous nous offrez de nous exprimer. En fait, le LMP est un jeune parti qui a vu le jour en décembre 2019. En mars (2020), nous avons organisé notre première assemblée générale, suivie d’une conférence de presse pour présenter le parti. C’est un parti jeune qui arrive dans un contexte où vraiment le pays est émaillé de beaucoup de difficultés et nous, jeunes, ne voulons pas rester indifférents à ces difficultés. C’est pourquoi, nous avons voulu apporter notre modeste contribution à l’édifice pour qu’ensemble, nous puissions sauver le pays.

Lefaso.net : Est-ce dire que c’est la situation nationale du pays qui a suscité la création du LMP ?

LMP : C’est en partie. Sinon, la création du parti est un projet que nous avions depuis longtemps. Mais la situation de ces dernières années a précipité vraiment notre volonté de mettre en place une formation politique à travers laquelle, nous pourrons donner nos opinions, notre contribution.

Lefaso.net : Quand on parle de partis politiques, on sait qu’au Burkina, leur création tient souvent à une volonté d’émancipation des géniteurs, insatisfaits dans un parti de départ. Comment se caractérise l’organe dirigeant du LMP ?

LMP : C’est une question intéressante, parce que quand on se lance en politique, à chaque fois, les gens ont envie de savoir quels sont les antécédents, d’où viennent les responsables. Comme je l’ai dit à la conférence de presse, depuis que j’ai la majorité (c’est-à-dire que j’ai eu l’âge de voter), je n’ai jamais milité dans un parti politique. Le seul parti où je milite, c’est le LMP. Et à ma connaissance, je pense qu’au niveau du bureau exécutif, les membres, c’est aussi leur premier pas en politique.


Bien avant de former le bureau, il y a eu une petite enquête sur chaque membre du bureau pour un certain nombre d’informations. Je peux aujourd’hui vous dire que les membres du bureau du LMP sont tous nouveaux en politique ; ils n’ont aucun antécédent. Aucun n’a donc milité dans aucun autre parti, à plus forte raison être lésé par un parti. Mais, vous avez parfaitement raison, parce qu’au Burkina, la plupart du temps, c’est ce que la réalité révèle ; les gens sont frustrés ou n’ont pas trouvé leur compte. Mais soyez rassuré, le LMP n’est pas de ce parti.

Lefaso.net : Mais est-ce que cela n’est pas une faiblesse pour le LMP que d’avoir rien que des gens qui font leur premier pas en politique ?

LMP : Faiblesse, nous ne pensons pas, à partir du moment où, au Burkina, à notre connaissance jusqu’ ici, il n’y a pas une institution de formation politique. Donc, tous nos aînés politiques n’ont pas bénéficié de ces formations en politique.

Je pense que c’est sur le terrain que les gens se sont formés politiquement et perfectionnés. Déjà, on a un atout par rapport à nos devanciers ; facilement, étant au Burkina, on peut se former dans une matière ou dans une filière grâce aux technologies de l’information et de la communication. En dehors de cela, la politique pour nous, ce n’est pas faire dans la démagogie, le mensonge, etc. Nous ne sommes pas de cette école.

Lefaso.net : Voulez-vous dire donc que le LMP, c’est la politique dans sa vocation pleine ?

LMP : Dans sa vocation réelle. Actuellement, je pense qu’il faut redonner confiance au peuple. C’est triste, mais dans notre pays aujourd’hui, l’homme politique a perdu sa place. Sa place d’acteur de développement, de vecteur d’émancipation et de secours de la masse. Aujourd’hui, quand on parle de politique, automatiquement les gens voient des clichés. C’est triste. Et c’est cette image-là que nous voulons gommer.

Lefaso.net : Vous justifiez-là donc votre entrée en politique. Mais, pouvez-vous rassurer l’opinion que le LMP n’est pas une création de vétérans politiques, tapis dans l’ombre pour mener un certain jeu politique (surtout que les partis crées et dirigés par des jeunes ont parfois montré cette réalité) ?

LMP : La seule chose qui se cache derrière le LMP, c’est la volonté de ses jeunes dirigeants de parvenir à leur but. Rien d’autre. La création du LMP n’est motivée que par cette détermination de jeunes désireux d’imprimer leur vision dans un contexte qu’ils jugent pas du tout reluisant. Il ne se cache donc personne ; ni derrière le parti ni derrière chaque membre qui compose l’organe dirigeant. Au sein de l’organe dirigeant, vous avez des fonctionnaires, des travailleurs du privé, des commerçants, des entrepreneurs, de jeunes opérateurs économiques. Nous avons voulu le LMP ainsi, c’est-à-dire ne compter que sur notre propre force et imagination.

Lefaso.net : Sans doute que depuis la création de votre parti, vous suscitez un intérêt auprès d’acteurs politiques !

LMP : Oui, ça ne manque pas. Mais nous ne perdons pas de vue que nous avons un idéal à défendre. Ce qui veut dire qu’on ne se prive pas d’écouter les gens qui viennent à nous dans ce sens. On écoute, car pour nous, le jeune se doit aussi de se nourrir d’écoute. Même quand vous n’êtes pas d’accord avec votre interlocuteur, à partir du moment où il vous a approché, il faut l’écouter. Ça vous enrichi. Mais quand viendra le moment de prendre les décisions, vous décidez en fonction de vos objectifs.

Lefaso.net : Un parti politique, c’est financièrement lourd à gérer. Comment comptez-vous supporter cette exigence dont dépend le bon fonctionnement du LMP ?

LMP : De l’assemblée générale constitutive à ce jour, on a toujours tenu les rencontres avec le minimum. Et comme je le soulignais plus haut, les membres du bureau constituent la première force du parti, même sur ce plan financier. Moi-même, je suis un acteur économique ; j’ai une entreprise depuis environ cinq ans, que je dirige. Donc, ça nous permet d’avoir une certaine indépendance et c’est aussi cela le parti. Si vous n’avez pas cette indépendance, vous allez faire de la mendicité inutile ; ce qui va vous amener à vous compromettre. C’est cette indépendance aujourd’hui qui fait aussi notre fierté. Donc, le LMP est fier d’être un parti autonome, sans mentor politique, sans aucun mécène, composé de personnes uniquement jeunes.


Lefaso.net : Comment comptez-vous travailler pour conquérir l’espace politique, quand on sait que la faune politique est déjà suffisamment peuplée ?

LMP : Nous avons mis en place une stratégie pour être présent sur l’échiquier national. Nous sommes en train de dérouler notre plan, à notre rythme. Je profite ici féliciter le bureau exécutif, parce qu’en moins d’une année d’existence, le LMP est déjà présent dans cinq provinces à savoir le Boulkiemdé, le Kadiogo, la boucle du Mouhoun, le Houet et la section du Boulgou. Je trouve cela formidable pour un parti qui n’a que six mois d’âge. Le travail se poursuit sur le terrain.

Lefaso.net : Les élections du 22 novembre 2020 s’annoncent dans un contexte national d’insécurité avec ses nombreuses conséquences sociales. D’aucuns pensent donc qu’il faut mettre une parenthèse sur les élections, partagez-vous cet avis ?

LMP : Effectivement, nous sommes dans une année électorale, qu’en principe, dans quelques mois seulement. Mais, la difficulté, c’est quoi ? C’est effectivement le contexte actuel. Nous sommes endeuillés tous les jours. En plus de cela, il y a la pandémie à coronavirus. L’idéal aurait voulu qu’on essaie de sécuriser avant d’aller aux élections.

Actuellement, ce n’est pas réaliste de dire que les élections peuvent être organisées sur tout le territoire. Il y a des zones du pays où personne n’ose s’aventurer. Donc, dans ce contexte, si on va aller à l’élection, on ira sans certains Burkinabè. Pas parce qu’ils auraient décidé de ne pas y participer, mais parce qu’on ne leur aurait pas permis d’y participer. Mais, ce qu’il ne faut pas perdre de vue aussi, c’est qu’on va aux élections parce qu’il y a un contrat social qui a été proposé au peuple et qui est à terme.

Dans le cas présent, ce contrat a comporté beaucoup de failles, il n’est pas satisfaisant pour le peuple. Il faut donc rapidement aller à un nouveau contrat. Si on doit tenir compte du contexte sécuritaire, on va attendre et on risque même de s’embourber davantage.

Actuellement, tout le monde sait que le peuple burkinabè a soif du changement ; puisque chaque jour que Dieu fait, la situation de dégrade et c’est triste. Il faut vraiment mettre fin à cette triste situation. Mais au cas où la situation ne permettrait pas d’aller aux élections (ce qu’il ne faut pas du tout souhaiter), nous pensons, au niveau du LMP, qu’il faut trouver un consensus entre les acteurs sur la meilleure formule idéale de permettre au pays de tenir.

Lefaso.net : Prendrez-vous part aux deux scrutins ou opterez-vous de miser sur un ?

LMP : En créant le parti, c’est pour jouer pleinement toute mission dévolue aux partis politiques. Mais, à ce stade, ce que je peux dire est qu’on va participer aux législatives. Quant à la présidentielle, la participation dépendra du Congrès (qui est l’instance suprême du parti) qui sera organisé très prochainement. Au cours de cette rencontre, nous allons clairement trancher cette question. Mais ce qui est sûr à ce jour, c’est notre participation aux élections législatives (parce qu’on veut une majorité parlementaire, le LMP veut la majorité des députés).

Lefaso.net : Est-ce réaliste à ce stade de dire que vous visez la majorité parlementaire ?

LMP : Oui ! Actuellement, il y a un travail de fond qui se fait pour couvrir les 45 provinces avant les élections. On y travail. C’est pourquoi, on dit qu’on veut une majorité parlementaire. On ne voudrait pas faire des alliances, on veut une majorité ou on pourra se faire entendre.

Lefaso.net : N’est-ce pas une ambition démesurée ?

LMP : 60, 70, 80 députés, ce n’est pas impossible. Surtout que nous vivons dans un élan où les jeunes ont pris conscience de la nécessité de prendre en mains leur destinée et nous les en félicitons.

Lefaso.net : Votre parti fait également de la réconciliation nationale, son cheval de bataille. Comment comptez-vous y prendre ?

LMP : Il faut des cas écoles.

Lefaso.net : … c’est-à-dire ?

LMP : Si une personne est épinglée par des institutions en place, et si les enquêtes révèlent également qu’elle est coupable, on engage une procédure judiciaire. Il faut de la rigueur dans la gestion de la chose publique, il n’y a pas de demi-mesure en la matière. Il faut des actes concrets pour servir d’exemples, de sorte que les enfants à l’école primaire sachent et se souviennent que telle année, tel individu a pillé nos ressources. Il faut des cas écoles, parce que depuis, on émet des intentions, mais rien ne suit comme actes. Il faut faire en sorte que le peuple burkinabè se retrouve dans la gouvernance de ceux à qui il a accordé sa confiance.

Lefaso.net : Les élections sont un impératif pour votre parti pour pouvoir mettre en œuvre cette politique audacieuse. Mais, la réalité est que les jeunes sont parfois à la solde de leaders politiques qui travaillent à maintenir dans le jeu électoral également le système que vous dénoncez. N’avez-vous pas peur d’être, vous aussi, victimes de ce cercle infernal ?

LMP : Vous avez parfaitement raison. Mais, comme on le dit chez nous, il faut que nous réglions les problèmes internes entre nous, jeunes. Heureusement que ce ne sont pas tous les jeunes qui sont dans cette situation de se laisser manipuler. D’abord, nous n’allons pas verser dans cette pratique d’achat des consciences et de manipulations. Nous au LMP, nous n’avons pas besoin de cette jeunesse paresseuse, soumise, utilisée, une jeunesse qu’on emploie pour faire la sale besogne, pour des coups-bas et ternir l’image de la jeunesse. Mais, tous ces jeunes ont encore une chance de se rattraper, en se rangeant et en ayant une vision ; parce qu’ils ont une responsabilité vis-à-vis de la postérité.

La jeunesse que nous appelons de tout notre vœu, c’est celle qui se lève tôt le matin, qui va au marché, au champ, au service…, qui travaille dur et se couche tard. Cette jeunesse qu’on a caractérisée de désespérante, mais qui se bat quand même pour réaliser ses rêves. Cette jeunesse qui est à 300 km de la ville, très loin des citadins, qui est dans les campagnes entre les reptiles pour donner le savoir aux enfants et pour que nos mamans puissent accoucher dans des conditions acceptables. C’est cette jeunesse-là on veut et pas celle qui ne fait pas la fierté.

Lefaso.net : Vous avez décidé de n’appartenir ni à la majorité ni à l’opposition, aujourd’hui, on a une troisième voix : l’ONA. Où est-ce que vous vous situez par rapport à tout cela ?

LMP : Vous avez raison, mais personnellement, je salue l’avènement de l’ONA ; parce que c’est encore une autre voie pour l’expression politique. Depuis des années, au Burkina Faso, c’est la majorité, c’est l’opposition. Ce sont les mêmes acteurs politiques. Nous, on observe. En tout cas, jusqu’aujourd’hui, on n’a fait aucune correspondance d’affiliation à une entité. Nous voulons être unique ; parce qu’on est venu avec une ambition, on a un défi, on a une responsabilité. Ce pays que nous ont légué nos ancêtres, nous comptons le transférer à nos enfants dans un meilleur état. Donc, on ne peut pas prendre la peine de créer le parti et venir faire des alliances contre nature, avec des partis politiques dont on ignore la vision. Nous aimons notre indépendance, la liberté.


Lefaso.net : Le pays semble dans une sorte de bourbier, avec des meurtrissures sociales. Comment parvenir à inverser la tendance ?

LMP : Nous avons des ressorts pour repositionner le pays. Le peuple burkinabè est patriote, il veut marcher au pas, il aime le sacrifice, il n’est pas du tout paresseux. C’est une grande ressource pour ce pays. Je ne peux donc pas comprendre que malgré tout ce potentiel humain, on n’arrive pas à s’en sortir. C’est révoltant. On a des dirigeants qui n’ont aucune vision pour ce pays. Le peuple a besoin qu’on donne l’exemple. C’est dire donc que tout dépend de qui est au pouvoir. Ce peuple est formidable, mais n’a pas les dirigeants qu’il mérite.

Lefaso.net : Si on vous demandait donc un bilan de la présidence Roch Kaboré en place, qui est en fin de mandat ?

LMP : Il y a des choses qui sont faites, tels que des bitumes, la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. En tout cas, c’est bien. Mais, on ne vit pas que de cela, il y a l’insécurité. C’est une question cruciale. Je ne sais pas si c’est une malchance pour ce régime, mais c’est à ses années qu’on connaît le terrorisme. Et rien que pour cela, on a hâte d’aller à un nouveau contrat social.

Lefaso.net : Aujourd’hui, quel est votre principal défi ?

LMP : Le principal défi, c’est qu’après 2020, au réveil le matin, qu’on n’entende plus qu’une population a été victime de barbarie. Redonner espoir au peuple burkinabè. Que le Burkinabè puisse être fier d’appartenir à cette terre de ses ancêtres et qu’il y ait de moins en moins des Burkinabè qui souffrent. Il nous faut de la volonté, de la détermination et surtout la volonté des acteurs politiques. Cela reste un défi.

Lefaso.net : Depuis l’affaire Yirgou, le pays s’enfonce dans des épisodes de crises à relents communautaires et les derniers évènements à l’Est nous font craindre le pire ; tant d’aucuns y voient les prémices d’un génocide. Quelle est votre analyse de la situation ?

LMP : Nous pensons que ceux qui sont aux affaires actuellement n’exploitent pas toutes les stratégies. Il faut être ouvert à tout le monde. Il faut la réconciliation, très capitale pour nous Burkinabè aujourd’hui. Qui ne déconne pas, qui ne fait pas d’erreur ? Il y a des gens qui ont fait des fautes graves, mais c’est parce qu’on n’est pas encore au courant. Je ne comprends pas pourquoi quelqu’un qui a commis une faute très grave, qui n’est seulement pas porté au grand jour, refuse de pardonner à une autre qui a fait une faute. Si tu refuses le pardon, sache qu’un jour, pour toi va sortir. On doit se pardonner, se réconcilier. Tout le monde doit s’asseoir pour qu’ensemble, on voit comment stabiliser le pays pour vraiment passer à l’émergence afin que notre postérité puisse être fière de nous.

Lefaso.net : Si vous vous retrouvez face au président Roch Kaboré, que lui diriez-vous ?

LMP : La première question que je vais lui poser, c’est de savoir si lui et son équipe sont au Burkina Faso. Si c’est vraiment au Burkina, on ne peut pas comprendre que le peuple traverse des situations difficiles comme celles que nous connaissons. Pour la COVID-19 par exemple, le président est sorti annoncer des mesures de riposte appréciées par nombre de Burkinabè. Mais à la date d’aujourd’hui, qu’est ce qui est fait ? Rien du tout ! La promesse d’accompagnement…, rien n’est fait.

Lefaso.net : Les mesures sur l’eau et l’électricité sont quand même une réalité ?

LMP : Oui…, mais ils sont combien qui ont l’eau potable ? Qui ont de l’électricité ? Les gens ne vivent pas que de ça. Les gens veulent vivre ; le monsieur a sa boutique, la bonne dame a son restaurant…et tous sont fermés. Or, le gouvernement a annoncé des mesures d’accompagnement…, qu’il accompagne les gens franchement ! Les entreprises se ferment chaque jour, des licenciements sont courants augmentant le taux de chômage. Et on nous parle de nouvelles mesures, c’est pour quand ? Dites-nous ! Est-ce qu’ils (dirigeants, NDLR) sont réellement dans ce pays ? Nous, quand on sort, on voit la réalité.

Vous savez, le Burkinabè est un combattant, et il est fier de l’être. Il ne demande pas de l’argent, il demande simplement qu’on lui facilite les choses, qu’on lui accorde des facilités afin de pouvoir relancer ses activités. C’est tout. Depuis des années, on a toujours travaillé pour réaliser nos rêves.

Donc, accompagnez-nous, c’est tout. Et quand on parle de mesures fiscales, qu’est-ce qu’on en fait ? Les gens ont des engagements en banque, il y a des bailleurs qui expulsent, etc. Et on nous dit d’attendre, non, on ne peut plus attendre. Et même si cette subvention vient, tu ne peux plus avoir ta marchandise, tu ne peux plus reprendre ton activité, et le préjudice moral que tu as subi ? C’est ça aussi, vous avancez des choses dont vous n’êtes pas en mesure de réaliser.

Lefaso.net : votre message à l’ endroit de la jeunesse

LMP : Je dis à cette brave jeunesse, c’est vrai, depuis longtemps, nous n’avons pas suffisamment cru à nous. Nous avons parfois été une jeunesse pressée de jouir des plaisirs de la vie, une jeunesse qui a perdu les vertus de nos ancêtres, une jeunesse qu’on éloigne toujours des sphères politiques, une jeunesse qu’on rattrape quand il s’agit de l’utiliser pour faire la sale besogne, etc. Je dis non, ça suffit, il y a un début et une fin à toute chose dans la vie. Car, nous avons un engagement et une responsabilité vis-à-vis de la postérité. Il nous faut nous engager politiquement avec fermeté et détermination. On doit lutter pour arracher ce qui nous revient de plein droit.

Interview réalisée par O.L

Retranscription : Augustin Kahn (stagiaire)

Photos : Bonaventure Paré

Lefaso.net





Burkina

A lire aussi

Laisser un commentaire