Après la bataille de Tripoli, plus de 100 victimes d’engins explosifs



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Depuis le départ des hommes de Khalifa Haftar de Tripoli début juin, plus de cent personnes, majoritairement des civils, ont été tuées ou blessées par des mines anti-personnel placées par les combattants avant leur retraite, selon un rapport de la mission des Nations unies en Libye. Le gouvernement d’union nationale de Tripoli s’est d’ailleurs appuyé sur l’existence mines pour dénoncer les crimes de guerre perpétrés par l’armée de Haftar à Tripoli.

De notre correspondant à Tunis,

Les familles des quartiers sud de Tripoli ont fui leurs habitations devant les attaques de drones opérés par les hommes de Khalifa Haftar. Aujourd’hui, le ciel est calme mais c’est le sol qui les inquiète. Comme après chaque bataille en Libye, les perdants utilisent les derniers jours de combat pour piéger les maisons et les rues qu’ils tenaient.

Les classiques mines anti-personnel cachés sous les gravats, sous des pierres dans la rue sont relativement faciles à repérer et à isoler. La hantise des combattants et des civils, ce sont les engins explosifs artisanaux, devenus monnaie courante depuis 2014 et l’arrivée de l’État islamique qui a popularisé cette technique. Un groupe de combattants pénètre dans un immeuble qu’ils viennent difficilement de prendre. L’un des membres voient un paquet de cigarettes en évidence. Un enfant retrouve sa peluche préférée, il la serre dans ses bras, c’est l’explosion. Tout est piégeable.

Officiellement, le ministère de l’intérieur de Tripoli demande aux familles concernées de ne pas rentrer chez elle tant que leurs bâtiments n’ont pas été inspectés. Mais les experts libyens en déminage sont rares. Et la zone à vérifier s’étend sur des dizaines de kilomètres et concernent plus de 200 000 Tripolitains. Alors, les familles prennent le risque.



rfi

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