Boris Johnson appelle à un « New deal » à la Roosevelt pour relancer l’économie britannique



Reprendre la main, et redonner l’impulsion. Après des mois d’une épidémie de coronavirus qui lui ont valu beaucoup de critiques tant sur la lenteur de sa politique de confinement que sur le désordre de sa stratégie de déconfinement , Boris Johnson a cherché mardi matin à donner à son projet un nouvel élan pour relancer l’économie britannique après l’épreuve. Quitte à voir grand : il n’a pas hésité à promettre un « New Deal » à la manière de celui du président américain Roosevelt, qui a remis l’économie américaine sur les rails dans les années trente.

L’enveloppe annoncée par le Premier ministre britannique est néanmoins beaucoup plus modeste : 5 milliards de livres pour investir dans les hôpitaux, les routes, les centres-villes et les écoles. Et il s’agit non pas de nouveaux fonds, mais d’une accélération du versement de ceux déjà mis de côté dans le budget de cette année… « Peanuts » par rapport au plan de Roosevelt, résumait mardi le « Times ».

« Build, build, build »

Dans le détail, 1,5 milliard de livres ira à l’entretien des hôpitaux, 1 milliard à la première phase d’un plan de construction de nouvelles écoles, 900 millions à des « projets de croissance locale » prêts à être lancés dans différents domaines, comme la rénovation des « high streets ». Sont aussi prévus 143 millions pour entretenir les prisons, 142 millions pour moderniser les tribunaux, et 100 millions pour financer une trentaine de projets routiers. Les lourdeurs administratives devraient être allégées en matière de permis de construire, à l’occasion d’une réforme présentée comme « la plus ambitieuse dans ce domaine depuis la guerre ».

Mais l’objectif du discours prononcé par Boris Johnson à Dudley, dans l’un de ces ex-bastions travaillistes du centre et du nord du pays qui ont voté conservateur aux dernières législatives de décembre, est surtout d’honorer les promesses de campagne, en cherchant à réduire la fracture économique entre ces territoires et le sud du pays. Et surtout de faire de nouveau rêver les Britanniques, en leur offrant un horizon plus prometteur.

Construire à la fois mieux, plus vert et plus vite.

« Build, build, build », a ainsi martelé le Premier ministre avec énergie, en promettant de construire à la fois « mieux, plus vert et plus vite » pour permettre au pays « non seulement de rebondir, mais de repartir de l’avant ». Il a promis de s’attaquer à tous les problèmes jamais réglés, de la construction de nouveaux logements au financement du système de santé en passant par le renforcement de l’aide sociale. Il a aussi secoué la tête pour dire « non » à un retour à l’austérité que les conservateurs avaient imposée après la dernière crise financière. « Le monde a changé depuis 2008 », a-t-il tranché.

Plus forte contraction du PIB depuis 1979

Les journalistes britanniques lui ont demandé pourquoi il ne parlait pas plutôt de « jobs, jobs, jobs », alors que 9 millions de personnes sont en activité partielle et que les chiffres du chômage menacent d’exploser avec la fin de ce mécanisme de protection prévue pour la fin octobre.

Si les projets d’infrastructure sont souvent à très long terme, le temps presse : l’économie britannique a connu entre janvier et mars sa plus forte contraction depuis 1979, le PIB chutant de 2,2 %, a indiqué mardi l’Office for National Statistics, là où les analystes s’attendaient plutôt à un recul de 2 %.

Le ministre des Finances, Rishi Sunak , doit annoncer la semaine prochaine les mesures qu’il envisage, précisément, pour soutenir l’emploi et la formation. Il attend de voir quel coup de fouet pourra donner la réouverture des pubs, des restaurants et des hôtels prévue samedi avant d’arbitrer sur l’ampleur d’un nouveau stimulus. Une baisse temporaire de TVA pour ce secteur est notamment à l’étude.



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