le FMI prévoit une récession sévère en Afrique subsaharienne



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Les pays africains allègent peu à peu les mesures prises en mars dernier pour stopper la propagation de la pandémie de Covid-19. La plupart d’entre eux rouvrent certaines de leurs frontières, mais dans son ensemble, l’Afrique subsaharienne pourrait voir ses revenus retomber à leurs niveaux d’il y a dix ans, selon Abebe Aemro Selassie, le directeur Afrique du Fonds monétaire international.

Selon les dernières projections du Fonds monétaire international publiées en cette fin du mois de juin, l’économie de l’Afrique subsaharienne va subir cette année une récession de 3,2%. Cette contraction serait encore plus sévère que les prévisions faites en avril qui étaient de seulement 1,6%. Même si l’Afrique reste encore le continent le moins infectée, la pandémie pourrait s’accélérer, hypothéquant les efforts de riposte contre le Covid-19 déployés dans les pays de la région.

Au cours des deux derniers mois, le FMI a accordé plus de 10 milliards de dollars d’aides d’urgence à 29 pays d’Afrique subsaharienne. Parmi eux, 21 ont en plus bénéficié du moratoire sur la dette due aux bailleurs publics internationaux.

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Rebond à partir de 2021

L’institution financière basée à Washington renvoie l’optimisme à l’année prochaine. Un optimisme mesuré : le FMI table en effet sur un redressement de la croissance, mais dans bon nombre de pays au sud du Sahara, la progression ne sera pas suffisante pour ramener le PIB à son niveau de 2019. Les pays de la région dont les économies dépendent du secteur primaire ou du tourisme auront du mal à se relever, en tout cas pendant les premiers mois après l’épidémie.

« C’est une image véritablement inquiétante, en termes de perspectives économiques, qui reflète la faiblesse persistante de l’environnement économique mondial auquel sont confrontés les pays » d’Afrique subsaharienne, estime Abebe Aemro Sélassié, le directeur Afrique du FMI.

En plus de la pandémie, d’autres risques brouillent l’horizon et assombrissent les perspectives économiques, à commencer par la nature provisoire de l’accord commercial conclu entre les Etats-Unis et la Chine en janvier dernier. Même si tout le continent africain ne représente qu’une part infime dans les échanges commerciaux internationaux – moins de 5% –, les querelles commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi que la menace américaine de nouvelles taxes sur les produits européens pourraient entraver la reprise de l’économie mondiale. Et cet « environnement géopolitique tendu (…) aura également des retombées sur la région ». 



rfi

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