Cameroun: Equilibre de la balance commerciale – Transformons et consommons local !


Cette piste semble celle à suivre pour que le Cameroun importe moins. Et la pandémie actuelle avec ses conséquences sur l’économie devrait y aider.

Ce n’est plus un secret pour personne ! Depuis plusieurs décennies, la balance commerciale du Cameroun est déficitaire. C’est-à-dire que les recettes des exportations n’arrivent pas à couvrir les dépenses d’importations.

Un déficit permanent

Selon l’Institut national de la Statistique dans une note sur le commerce extérieur, le déficit de la balance commerciale du Cameroun était de 1 438,3 milliards de F en 2018, en augmentation de 265,9 milliards de F (+22,8%) par rapport à 2017. A ce jour, le pays exporte essentiellement des produits bruts (huiles de pétrole, bois et ses ouvrages, carburants et lubrifiants, bananes fraîches, aluminium, caoutchouc, cacao, café, coton). Des produits confrontés à la fluctuation des cours sur le marché, et bien plus encore par ces temps de covid-19. Par contre, les produits importés sont ceux prêts à la consommation, qui reviennent plus chers, parce que déjà transformés. Outre les véhicules et autres engins, on peut citer les denrées alimentaires (riz, poisson, lait, blé, farine, conserves diverses, etc.) et les produits pharmaceutiques entre autres. L’importation du riz coûte en moyenne 160 milliards de F par an. En 2019, 220 milliards ont été dépensés pour importer des produits d’élevage, de pêche et des industries animales, le poisson occupant le haut des marches. Un tableau qui fait dire à Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, que « notre pays importe des produits manufacturés pouvant pourtant être fabriqués localement pour la satisfaction non seulement du marché intérieur, mais également du marché sous régional et régional, voire international. » Il est donc plus que temps de tout mettre en œuvre pour inverser la tendance. Et la pandémie du Covid-19, qui a entraîné une crise économique profonde invite les pays à repenser leur stratégie économique.

Comment importer moins

La promotion du made in Cameroon, en vogue depuis plusieurs années, mais davantage dans les discours, est donc plus que d’actualité. La relance de certains secteurs de production, en renforçant le dispositif industriel, en accentuant la transformation sur place des produits de notre terroir devraient être de mise. En ce moment, la tomate, pour ne citer que ce produit, est bradée à travers le pays. Le consommateur final s’en délecte certes, mais les producteurs sont aux abois, faute d’unités de transformation pour ce produit actuellement en abondance sur les marchés. La production des denrées comme le riz, le blé, le poisson principaux postes qui tirent la balance commerciale vers le bas, doit également être passée au scanner.

Pour ce qui est du riz par exemple, Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du développement rural indique que la production ne peut faire un grand bond en avant que lorsque les périmètres hydro-agricoles, conduits par plusieurs projets comme le Plan d’urgence triennal (6 700 ha) à Zina, deux projets de la Banque mondiale qui permettront d’avoir 8 000 ha dans le Mayo-Danay et 11 000 ha dans la Bénoué pourront effectivement être utilisables. Objectif avoir environ 50 000 ha pour une production qui devrait avoisiner les 400 000 tonnes par an, contre environ 360 000 actuellement. Sauf qu’une bonne partie de cette production est destinée à l’exportation, sous la forme non décortiquée. Quant au poisson, la production locale avoisine les 300 tonnes annuelles. Il est donc question de saisir l’opportunité ouverte par la pandémie du coronavirus, avec les frontières fermées, pour renforcer la production, la transformation et la consommation locales des produits du terroir. Une journée dite du patriotisme économique a d’ailleurs été organisée récemment par des parlementaires, question de mettre en vitrine sur les produits locaux, mais surtout de plaider pour le « Consommer camerounais pour promouvoir l’entrepreneuriat et valoriser l’emploi- jeunes » .



allafrica

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