Angela Merkel, chancelière de l’Europe



Depuis le 1er juillet, l’Allemagne assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Une étape décisive tant pour l’avenir des Vingt-Sept, affectés par la récession, que pour l’aura de la dirigeante de Berlin, estime la Süddeutsche Zeitung.

Le reproche lui colle comme un chewing-gum à la semelle : Angela Merkel a grandi en RDA, elle s’est socialisée le regard braqué vers Prague et Moscou, sans le gène catholique rhénan et donc, faut-il supposer, sans la joviale adaptabilité qui caractérise les populations frontalières, sur les deux rives du fleuve – quelqu’un comme elle ne peut pas comprendre l’Europe. Dès son premier jour à la présidence du parti [l’Union chrétienne-démocrate, CDU], quand elle a pris la suite de Helmut Kohl, ce fanatique palatin de la mitoyenneté, on lui a nié toute aptitude européenne.

Un parcours sans failles

La chancelière n’a effectivement jamais pu cacher qu’elle aborde la politique à l’anglo-saxonne, avec sérénité, et que les grandes envolées proeuropéennes chargées de pathos lui sont étrangères. Son mode de plaisanterie acerbe sur la nervosité du président français Nicolas Sarkozy est bien connu. On peut imaginer ce qu’elle pense de la rhétorique grandiloquente d’Emmanuel Macron sur l’avènement d’un monde nouveau.

De plus, le regard de Merkel s’est tourné vers l’Europe à une époque où la forme et le caractère de l’Union européenne (UE) ont subi de formidables bouleversements. Vers le milieu des années 2000, l’UE est devenue plus grande, plus orientale, plus hétérogène. Les discours vibrants de la Convention sur l’avenir de l’Europe [créée en 2001 et qui a conduit au projet de Constitution européenne] ont sombré dans la cacophonie des référendums ratés [en France et aux Pays-Bas]. Au départ communauté de destins, l’Europe s’est muée en une communauté d’intérêts, phénomène que l’on a pu observer avec une entière certitude au lendemain

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Stefan Kornelius

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Créé en 1945, le “journal du sud de l’Allemagne” compte parmi les quotidiens suprarégionaux de référence du pays. De tendance libérale, il est un grand défenseur des valeurs démocratiques et de l’État de droit. Il emploie ou a employé les meilleures

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