Cameroun: Projet de loi sur les associations culturelles – Le Minac et les artistes s’expliquent


Hier à Yaoundé, l’Inspecteur général représentant le ministre a rencontré les coordonnateurs des pôles artistiques, afin d’éclaircir certains points de ce projet de loi qui divise le secteur.

Depuis son dépôt auprès de la Commission des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale, le projet de loi N° 1076/PJL/AN régissant les associations artistiques et culturelles au Cameroun fait les choux gras du sous-secteur. Des voix s’élèvent pour s’opposer à son adoption. Afin d’éclaircir certaines zones d’ombre et incompréhensions, une rencontre s’est tenue hier à Yaoundé, entre le ministère des Arts et de la Culture, et les coordonnateurs des pôles artistiques. Présidée au nom du ministre Bidoung Mkpatt par l’Inspecteur général, Théophile Eyango, cette réunion a permis au ministère de tutelle d’écouter, d’analyser et de comprendre les réticences de certains acteurs culturels.

D’un autre côté, elle a éclairé les différents représentants des pôles artistiques sur le bienfondé de ce projet de loi, qu’ils se feront le devoir de répercuter à leurs affiliés. Le ministère des Arts et de la Culture, par la voix de l’Inspecteur général, a réitéré les objectifs visés par le Minac au moment d’établir ce projet de loi. Comme l’a signifié le ministre Bidoung Mkpatt au cours de son exposé le 1er juillet dernier face aux députés, par ce projet visant la création de fédérations, « le Minac se propose de structurer l’ensemble du paysage culturel et artistique national pour optimiser l’impact de son action et partant, la productivité artistique de notre pays. Il vient garantir la structuration du mouvement artistique et culturel, et l’organisation du sous-secteur Arts et Culture en fédérations, dans le but de rassembler par discipline les professionnels en association pour l’accroissement qualitatif et quantitatif de la production artistique et culturelle du Cameroun. » Une action lancée après avoir observé « la prolifération de projets individuels qui se gênent mutuellement et se chevauchent souvent, éparpillant, à cause de cela, l’action institutionnelle en leur faveur, et nuisant de ce fait à son impact. »

En résumé, les fédérations vont, selon le Minac, mettre sur pied de véritables entreprises culturelles, et partant, professionnaliser ce secteur. Des explications bien reçues par les coordonnateurs des pôles artistiques présents. S’exprimant devant la presse, Rémy Atangana, Elise Mballa Meka ou encore Ambroise Mbia, respectivement en charge des pôles cinéma, danse et théâtre, ont reconnu dans l’ensemble que l’avènement des fédérations est ce qu’il y a de mieux pour l’amélioration des conditions de vie des artistes. «Après les Rencontres nationales des arts et de la Culture (Recan), nous avons demandé une restructuration du secteur culturel en fédérations. En tant que maire de commune et artiste, je peux affirmer que c’est le meilleur moyen pour la décentralisation de soutenir tous les artistes. Et le ministère ne peut pas nous transférer de ressources si nous ne sommes pas structurés », a déclaré Elise Mballa Meka. Une sensibilisa- tion menée par le Minac et les coordonnateurs des pôles, va devoir se poursuivre auprès des artistes .



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