Après le “Super Saturday” en Angleterre, le risque d’une “super gueule de bois”



Samedi 4 juillet marquait un “retour à la normale” en Angleterre avec, notamment, la réouverture des pubs. En dépit des consignes de prudence, des foules se sont massées autour des comptoirs. Pourtant, le pays, qui affiche le plus grand nombre de décès en Europe, n’est pas à l’abri d’une deuxième vague de contaminations au coronavirus.
   

“Le jour où la Grande-Bretagne a retrouvé le sourire.” Le titre barre toute la une ce dimanche 5 juillet de The Mail on Sunday. En réalité il ne s’agit que de l’Angleterre, l’Écosse et le pays de Galle étant toujours soumis à des restrictions. En manchette, le journal le plus lu le dimanche précise :

Après 104 jours de vie mise entre parenthèses, les pubs et les salons de coiffure ont rouvert, les couples ont pu enfin se marier.”

Mais si l’édition dominicale du Daily Mail a choisi une photo de mariage pour illustrer ce retour à la vie, c’est bel et bien du côté des pubs qu’on a observé le plus gros débordement de vie. “Des Britanniques en liesse se sont défoulés hier soir après trois mois de confinement alors que les pubs rouvraient leurs portes pour la première fois en 104 jours à l’occasion du ‘Super Saturday’.”

15 millions de pintes bues

Cette liesse traduite en chiffres, cela donne quelque 15 millions de pintes englouties en une soirée dans les 23 000 établissements qui ont rouvert. Et elle s’est souvent accompagnée de l’abandon des gestes barrière alors que, rappelle The Mail on Sunday, “les autorités avaient autorisé à l’intérieur des pubs des groupes issus de deux foyers tout en maintenant un mètre de distance avec les autres groupes et, à l’extérieur des pubs, des groupes de six personnes issues de différents foyers”.

L’excitation suscitée par ce “retour à la normale” a souvent fait oublier ces mesures de précaution. Pourtant, les épidémiologistes estiment que le pays n’est pas sorti d’affaire. Loin de là. “De nombreux experts en santé publique craignent que la Grande-Bretagne ne soit pas à l’abri d’une deuxième vague avec un taux de reproduction R0 oscillant entre 0,7 et 0,9 sur l’ensemble du pays et s’élevant certainement au-dessus de 1 à Londres”, écrit le journal, rappelant que la ville de Leicester s’est reconfinée la semaine dernière.

Samedi 4 juillet, 67 malades du Covid-19 sont décédés – le nombre le plus faible depuis le début du confinement fin mars – portant le nombre total de décès à 44 198.

Source

Populaire, influent et conservateur, ce titre refuse d’être classé parmi les tabloïds et se définit comme un “compact newspaper”, un journal complet. En outre, c’est l’un des journaux les plus influents du pays, car il est celui de

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