Burkina Faso: Meeting de la coalition syndicale – Les syndicats exigent l’annulation des sanctions contre les travailleurs


La Coalition syndicale contre la baisse du pouvoir d’achat a organisé un meeting, le samedi 4 juillet 2020, sur toute l’étendue du territoire national. À la Bourse du travail, à Ouagadougou, ils ont exigé, entre autres, l’annulation des mutations « arbitraires » des agents de la RTB et des Editions Sidwaya, la levée de la révocation des travailleurs des impôts et la restitution des salaires suspendus et/ ou coupés illégalement.

La coalition syndicale contre la baisse du pouvoir d’achat est montée au créneau, le samedi 4 juillet 2020, lors d’un meeting, à la Bourse du travail, à Ouagadougou, pour exiger l’examen « sérieux » et « diligent » de sa plateforme revendicative par le gouvernement. A l’occasion, le porte-parole de la Coalition, Bassolma Bazié, a réaffirmé la pertinence de ladite plateforme. En effet, il a traduit le vœu des syndicats organisateurs de ce meeting qui a eu lieu sur l’étendue du territoire national, de voir annuler les mutations « arbitraires » des agents de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB) et des Editions Sidwaya. Les syndicats, a rapporté Bassolma Bazié, exigent, également, de l’exécutif, la levée « sans délai » de la révocation des travailleurs des impôts et la restitution des salaires suspendus et/ ou coupés illégalement.

Le porte-voix des travailleurs du publics a, à ce propos, appelé les structures syndicales et leurs démembrements, entre autres, à préparer et réussir la grève annoncée des 8 et 9 juillets prochains. Dans la même veine, il les a incitées, à poursuivre les luttes sectorielles et la mobilisation pour les combats futurs, élargir le front de lutte et développer l’unité d’action entre travailleurs publics et privés, élèves et étudiants.

Un dialogue « tendancieux »

Pour M. Bazié, toutes ces actions annoncées lors de ce meeting trouvent leurs origines dans le refus de l’exécutif d’examiner les revendications de la Coalition et dans ses attaques répétées contre les libertés démocratiques et syndicales. Sur cette liste, figurent également, selon le leader syndical, une accumulation de la dette sociale du gouvernement vis-à-vis des travailleurs (non mandatement ou retards d’avancements des agents publics, difficultés dans le traitement des dossiers de retraite, etc.). « Dans le même temps, le gouvernement, depuis quelques temps, développe une communication tendant à faire croire qu’il est ouvert au dialogue mais que ce sont les syndicats qui ne veulent pas venir à la table de négociation », a déploré Bassolma Bazié. Sur la question de l’Impôt unique sur les traitements de salaires (IUTS) élargi aux primes et indemnités servies aux travailleurs public et privé, les syndicats entendent protester « vigoureusement ».

Tour à tour, avant le message officiel du premier responsable de la Coalition syndicale, des secrétaires généraux de syndicats ont dépeint la situation sectorielle qu’ils vivent. Ainsi, le secrétaire général adjoint du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC), Aboubacar Sanfo, a accusé le gouvernement de vouloir liquider le syndicat au sein des médias publics. Ce, via les tracasseries contre leurs travailleurs en lutte (affectations « ciblées » et sanctions contre des responsables et militants du SYNATIC). Le secrétaire général du Syndicat national des gestionnaires des ressources humaines de l’administration publique, Souleymane Zoromé a, lui, dénoncé la baisse « drastique » des postes à pouvoir concernant les concours de la Fonction publique. Il a, en outre, pointé du doigt les mesures nouvelles ordinaires qu’il a qualifiées de recrutements « clandestins » et « clientélistes », les irrégularités constatées dans les corrections électroniques des copies qu’il a dit percevoir comme des prémisses de la fraude, etc.

Un service minimum sanitaire

Pour le secrétaire général de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER), Souleymane Badiel, les mesures prises par l’Etat relatives aux modalités d’évaluation et de validation de l’année scolaire 2019-2020 saccagent le système éducatif. De ce fait, il a indiqué que le syndicat tient au retour de tous les apprenants dans les établissements à partir du 1er septembre 2020 pour exécuter les programmes à un taux satisfaisant. Souleymane Badiel a, aussi, souligné leur vœu de voir régler avant le mois d’octobre 2020, la dette sociale des travailleurs de l’éducation et de la recherche, respecter le droit des personnels de l’enseignement du privé et décident de boycotter tout conseil de classe ou d’enseignants en attendant une bonne évaluation des élèves des classes intermédiaires à leur retour.

Quant au secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA), Pissiamba Ouédraogo, il a rappelé que le système de santé au Burkina Faso, à l’instar des autres pays du monde, traverse, en ce moment, une crise due à la maladie à coronavirus (COVID-19). Il a demandé, en sus, au gouvernement d’adopter le statut particulier du métier santé humaine et animale, d’honorer les sommes dues aux agents depuis janvier 2018 dans le cadre de la Fonction publique hospitalière, etc. Pissiamba Ouédraogo a assuré qu’un service minimum va être servi dans les services d’urgences, les Centres hospitaliers régionaux (CHR), les Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA), les Centres hospitaliers universitaires (CHU), les services de dépistage, à l’exception des centres de surveillance de la COVID-19, lors de la grève des 8 et 9 juillet prochains. Avant l’ouverture de la cérémonie empreinte de prestations d’artistes engagés du milieu syndical, une minute de silence a été observée en mémoire des victimes des récentes attaques terroristes de Tanwalbougou, dans la région de l’Est.



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