Croissance verte au Burkina : Le document d’engagement du Burkina en révision


Dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat, la révision de la contribution déterminée au niveau national du Burkina Faso est en révision. Pour comprendre le but de cette révision, lefaso.net est allé à la rencontre du chargé de programme de l’Institut Mondial pour la Croissance verte, bureau du Burkina, Lamine Ouédraogo pour appréhender les enjeux de la révision du nouveau document.

Lefaso.net : Pouvez- vous nous présenter GGGI ?

Lamine Ouédraogo : le GGGI est défini en anglais comme le Global Green Growth Institute. En Français, Institut Mondial pour la Croissance verte. C’est une organisation internationale, intergouvernementale qui a été créé en 2012 à la faveur de la conférence de Rio+20. RIO+20 est la rencontre qui permet de discuter le développement durable de la planète et c’est à cette occasion que l’Institut Mondial pour la Croissance verte a été créé pour soutenir les pays en développement et les pays à économie émergente dans le cadre de leur transition vers ce qu’on appelle la croissance verte c’est-à-dire une croissance économique de qualité environnementale sociale.

Une croissance économique qui s’inscrit dans la durabilité. Le siège de l’institut est à Séoul en Corée du Sud. Au jour d’aujourd’hui, il y a 35 pays qui sont membres avec deux catégories de membres. Il y a ceux qu’on appelle les membres contributeurs ceux mettent l’argent et les membres bénéficiaires. Ceux qui bénéficient l’intervention de l’institution. Le Burkina Faso fait partie des pays bénéficiaires parce qu’il est dans la catégorie des pays les moins avancés et les pays en voie de développement.

Le Burkina Faso a adhéré à l’institution en 2018 et tous les documents de ratification ont été déposés en mars 2019 donc en réalité on peut dire c’est vers fin 2018 et début 2019 que les activités de l’institut au Burkina ont effectivement démarré. Et avec le gouvernement, nous avons convenu sur trois axes d’intervention.

Le premier axe est tout ce qui est à la résilience, le renforcement de capacités de la résilience des communautés face aux effets néfastes des changements climatiques avec un accent particulier sur le développement des éco-villes, initiative du gouvernement qui nous accompagnons parce qu’elle est très bonne comme initiative.

Le deuxième axe est tout ce qui est développement des villes vertes. C’est-à-dire comment est-ce qu’on peut accompagner le Burkina dans le cadre donc de son développement urbain pour pouvoir construire des villes qui soient respectueuses de l’environnement. Des villes ne soient sources d’émission de gaz à effet de serre mais des villes résilientes dans lesquelles les populations doivent pouvoir vivre de façon descente.

Le troisième axe est pour tout ce qui est renforcement de capacités à long terme, ce que nous avons appelés renforcements de la gouvernance de la croissance verte. C’est-à-dire accompagner le gouvernement à pouvoir renforcer la capacité des intuitions étatiques concernant les formulations de projet, de mobilisation des financements.

Ce financement est présent mais l’un des problèmes est que la plupart des pays en développement pour des raisons de manque de capacité technique n’arrivent pas à mobiliser suffisamment les ressources de cette finance. Donc l’institut s’engage à accompagner le pays à pouvoir le faire en aidant le gouvernement à disposer d’une masse critique de cadre capable à pouvoir formuler des projets concernant les ressources de la finance climat.

Lamine Ouédraogo Chargé de Programme -Croissance Verte

Lefaso.net : qu’est-ce que la contribution déterminée au niveau national ?

C’est le document d’engagement de réduction des gaz à effet de serre que le Burkina a soumis et a fait valider dans le cadre de l’accord de Paris. Nous savons que l’accord de Paris a été signé en 2015 et chaque pays est allé avec un document qui montre un peu ses objectifs, ses efforts de réduction des gaz à effet de serre. Et c’est ce document qu’on appelle la contribution déterminée au niveau national. Le Burkina a son document qui a été développe, validé et adopté depuis 2015 qu’il essaie de mettre en œuvre.

Lefaso.net : pourquoi une révision de la contribution déterminée au niveau national du Burkina Faso ?

Oui la révision parce que c’est d’abord dans les principes qui est que ce document dont on parle à une vie de cinq ans. Donc au bout de chaque 5 ans, il faut réviser parce qu’elle permet au pays de revoir ses propres engagements. Je peux vous dire qu’aujourd’hui quand on part des contributions déterminées au niveau national, l’ensemble des contributions déterminées des pays toujours dans le cadre de l’accord de Paris, quand on les met les efforts ensemble ça ne peut pas permettre à la planète d’obtenir une hausse de température qui normalement doit être comprise entre 1,5 et 2. Ce qui veut dire que les états doivent encore faire des efforts supplémentaires pour accroître leurs ambitions.

C’est pour ça le Burkina à l’instar d’autres a commencé à réviser sa contribution déterminée pour la rendre beaucoup plus ambitieuse parce que dans la nouvelle contribution déterminée, on peut voir que le Burkina s’est fixé des ambitions de réduction d’émission très élevée. Et cela fait partie des traites internationales en matière de changement climatique mais plus spécifiquement, pour ce qui concerne l’accord de Paris, la révision fait partie de la clause et tous les pays doivent s’y mettre chaque 5 ans. Et l’objectif c’est de voir à la huassent les ambitions des pays.

Lefaso.net : Quelle est la contribution de l’Institut Mondial pour la Croissance verte GGGI à ce processus de révision ?

Le gouvernement nous a sollicité pour accompagner ce processus et sur ce processus, nous travaillons sur quatre axes principalement. Il y a un cinquième axe que je vais évoquer mais qui est un axe qui va s’arrêter pas en 2020. Il se poursuivra jusqu’à en 2021 2022. Dans l’accompagnement que nous apportons au gouvernement, nous travaillons sur un aspect qui est très important. C’est l’aspect appropriation de la mise en œuvre, la contribution déterminée au niveau national.

Ce qui est reproché à l’actuelle contribution, c’est qu’elle n’est pas connue alors qu’elle devrait être un document national parce qu’elle implique plusieurs acteurs. À l’intérieur on a les acteurs de l’environnement, de l’énergie et des transports etc. Mais le document, il n’est pas connu et à la limite quand on regarde les autres départements ministériels pensent que c’est un document du ministère de l’environnement pourtant ça être un document national.

L’institut travaille pour que la nouvelle contribution déterminée au niveau national puisse approprier par tous les acteurs impliqués de sorte qu’à l’accompagner pour développer des plans sectoriels. C’est-à-dire que quand on a le grand document national, il devrait avoir des documents spécifiques à chaque secteur. Et là chaque secteur peut dire, voici le document qui permet d’organiser mes efforts autour des réductions que le Burkina doit faire.

Et donc nous travaillons pour que ses plans sectoriels puissent aussi respecter un certain nombre de principes internationaux dont le genre. Donc on va aider à mettre en place des plans sectoriels qui intègrent le genre.

La deuxième chose, c’est que l’institut va travailler aussi sur le mécanisme institutionnel. Car il faut qu’on arrive à identifier l’ensemble des acteurs que ça soit des acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux, de sorte à pouvoir bâtir un arrangement institutionnel qui puisse définir les responsabilités, les rôles de chacun dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle CDM. 

Le troisième axe, c’est que nous allons travailler pour pouvoir démontrer un peu que pour pouvoir faire des réductions, il y a des investissements qui vont être faits. Faire l’analyse coût-bénéfice liée à ses investissements. Des ressources seront injectées en même nous allons dire voici le bénéfice que le pays gagne.

Et enfin le quatrième axe nous allons accompagner les ministères sectoriels à pouvoir leur capacité en matière de collecte, de traitement et de production de données liées au gaz à effet de serre. Ça c’est un maillon qui manque au niveau national. Par exemple si on arrive dans un département ministériel et on demande quel est votre niveau d’émission de gaz à effet de serre, des gens ne pourront pas le dire parce qu’ils n’ont pas les capacités nécessaires pour pouvoir collecter, les calculer et les mettre ses données à votre disposition.

Lamine Ouédraogo, Chargé de Programme -Croissance Verte

Et nous notre rôle c’est aussi faire ce travail. Pourquoi parce que à certains moments quand on va vouloir donner la preuve au monde que le Burkina fait des efforts. Il va falloir avoir des chiffres pour étayer. Si vous n’avez pas des structures avec des hommes capables de produire ses données fiables et de qualité pour vous permettre de rendre compte du travail, sinon personnes ne va vous écouter.

Et sachez qu’à un moment donné si on ne rend pas compte à la communauté internationale des efforts que vous faites, sachez qu’il serait difficile pour le pays de mobiliser les ressources au contraire cela va limiter la mobilisation des ressources pour le pays et ce que nous voulons éviter au Burkina.

L’Institut Mondial pour la Croissance verte fait partie des organisations internationales, intergouvernementales les plus jeunes justes 8 ans au niveau national et le Burkina a adhéré à l’organisation en 2018. Et c’est exactement le 25 octobre 2018 que la loi autorisant l’adhésion du Burkina a été votée à l’assemblée nationale.

Après l’adhésion du Burkina, l’institution a travaillé avec le gouvernement pour pouvoir définir les priorités sur lesquelles le gouvernement souhaiterait qu’elle travaille. Donc si on n’a pas ce document difficile d’avancer. Dans les années à venir les burkinabè entendront parler de cette l’Institut Mondial pour la Croissance verte.

L’Institut est vraiment au service du Burkina pour apporter sa contribution au développement du pays. Nous sommes logés au sein du ministère de l’environnement parce que nous refusons d’être dehors car la meilleure façon d’appréhender les préoccupations.

Notre priorité est de travailler pour le développement du Burkina. Si nous travaillons main dans la main, le Burkina et l’institution, on peut être sûr que le développement durable du pays sera garanti à travers la croissance verte. Vive la croissance verte pour qu’il vive le développement durable du Burkina Faso.


Propos recueillis par Issoufou Ouédraogo

Lefaso.net





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