Allemagne : le petit rebond des commandes industrielles conforte le scénario d’une reprise lente



Publié le 6 juil. 2020 à 10h50

Le point bas semble bel et bien passé mais l’économie allemande devra patienter encore plusieurs mois avant d’espérer tourner à plein régime . C’est ce que confirme la publication, lundi, par l’Office statistique (Destatis) des commandes passées à l’industrie manufacturière en mai : elles ont rebondi de 10,4 % sur un mois, après avoir plongé en avril en pleine crise du Covid-19. Mais ce « niveau encore faible montre également que le processus de rattrapage est loin d’être terminé », reconnaît le ministère de l’Economie dans un communiqué.

Les analystes sondés par le prestataire Factset s’attendaient à un rebond plus marqué (+17 %) en mai du fait de la fin des mesures de restrictions liées au coronavirus. Mais les commandes industrielles restent inférieures de 29,3 % à leur niveau du premier trimestre. Dans le détail, les commandes de biens d’équipement ont bondi de 20,3 %, tirées par le secteur automobile (+44,1 %). La demande de biens de consommation n’a en revanche progressé que de 4,7 % tandis que les commandes en biens intermédiaires n’ont augmenté que de 0,4 %.

Une demande mondiale encore faible

Ces progressions se sont nourries d’une reprise de la demande domestique (+12,3 %) et dans une moindre mesure des commandes étrangères (+8,8 %). Celles-ci sont venues essentiellement des autres pays de la zone euro (+20 %) tandis que la demande en provenance du reste du monde n’a progressé que de 2 %. De quoi confirmer que « l’environnement économique mondial va demeurer difficile », reconnaît le ministère de l’Economie.

C’est une mauvaise nouvelle pour les exportations allemandes. Mais les cinq économistes du Conseil des sages du gouvernement allemand ont confirmé fin juin leur scénario de reprise « en forme de V » au deuxième semestre. Peter Altmaier a aussi indiqué ce dimanche dans une interview au tabloïd « Bild » s’attendre à un retour de la croissance « après la pause estivale », et « au plus tard à partir d’octobre ». Ce n’est qu’à partir de novembre que s’amorcerait une baisse du chômage, lequel touchait en juin 6,2 % de la population active. « La levée des mesures de confinement a entraîné une augmentation de l’activité en forme de V, mais le retour aux niveaux d’avant la crise ne sera pas facile », prévient cependant Carsten Brzeski, économiste chez ING Bank.



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