Au Kenya, la prestation de serment du premier avocat rastafarien marque l’histoire du pays



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Au Kenya, le premier avocat rastafarien a prêté serment il y a quelques jours. Une admission au barreau qui marque l’histoire du pays car le mouvement « rasta » a été reconnu comme une religion à part entière l’an dernier par la justice kényane. Jusque-là, les adeptes se considéraient comme marginalisés, comme c’est le cas dans d’autres pays de la région.

De notre correspondante à Nairobi,

Mathenge Mukundi pose fièrement aux côtés d’autres jeunes avocats tout juste admis au barreau, tout comme lui. La photo est prise sur le parvis de la Cour suprême. Il est le seul à ne pas porter la traditionnelle perruque blanche, vestige de l’époque coloniale anglaise.

Mathenge Mukundi porte, lui, un turban bleu maintenant ses rastas dressées sur le haut de son crâne. Car pour les adeptes du rastafarisme, les cheveux symbolisent la foi. Il leur est donc interdit de les couper.

Ce mouvement qui se veut religieux pour certains, mode de vie pour les autres, est né dans les années 1930 en Jamaïque. Les rastas considèrent Haïlé Sélassié, dernier empereur d’Éthiopie, comme sacré, « dirigeant légitime de la Terre ».

Le quotidien des rastas kényans a changé l’an dernier lorsque la justice a reconnu leur mouvement comme étant une religion à part entière au Kenya, leur octroyant de facto des droits. Une décision historique qui faisait suite au renvoi d’une jeune fille rastafarienne de son école car elle refusait de se couper les cheveux. Son histoire avait fait le tour des médias et enflammé la toile, avant que la justice lui donne finalement raison.

À écouter aussi : La justice kényane autorise le port des dreadlocks à l’école

Le rastafarisme au Kenya reste une religion très minoritaire avec environ un million d’adhérents





rfi

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