Bah Oury : « Pourquoi j’ai saisi la CEDEAO, l’OIF et les ambassades… » | Africa Guinee


CONAKRY-Bah Oury vient de se tourner à nouveau vers la communauté internationale ! L’opposant a saisi de nombreuses institutions telles que la CEDEAO, l’ONU, l’OIF sur le pourrissement de la situation politique en Guinée. L’ancien ministre de la réconciliation interpelle ces institutions afin qu’elles s’impliquent davantage pour trouver une solution à la crise guinéenne. Il s’est confié à notre rédaction.

 

AFRICAGUINEE.COM : Vous venez d’interpeller plusieurs institutions sur la situation de la Guinée. Pourquoi ?

BAH OURY : En ce qui nous concerne, nous avons pris nos propres initiatives du fait de l’impasse actuelle et de la précarité de la situation sécuritaire et politique dans notre pays. Depuis le 21 juin dernier nous avons envoyé un courrier au Président de la Commission de la CEDEAO ainsi qu’aux différents chefs d’Etat membres de la CEDEAO. La copie de la lettre a été également envoyée aux représentations diplomatiques représentées à Conakry, aux Nations-Unies et à l’OIF (Organisation internationale de la francophonie.

Qu’avez-vous dit dans ce courrier ?  

Dans cette lettre nous avons indiqué les risques majeurs qui existent aujourd’hui dans notre pays. Nous avons dit que la crise qui prévalait avant le 22 mars 2020 s’est accrue davantage avec un vide constitutionnel du fait d’absence d’une constitution valide dans notre pays. Ce qui rend la situation encore beaucoup plus compliquée que par le passé. Dans ces circonstances, en ce qui nous concerne, nous avons indiqué que la meilleure solution pour préserver la stabilité de la Guinée et par conséquent la stabilité sous-régionale dans un environnement de plus en plus trouble, c’est d’œuvrer dans le sens d’une transition politique en Guinée pour restaurer l’ordre constitutionnel et contribuer à reprendre le recensement électoral, avoir un fichier conséquent et crédible. De ce point de vue, la Guinée seule ne peut pas le faire.

Donc la CEDEAO à travers la Commission et à travers ses chefs d’Etat, qui doivent être soucieux de l’intérêt de la stabilité de la région toute entière, devraient s’impliquer pour aider la Guinée à ne pas tomber dans une impasse qui pourrait être un désastre général pour nous tous. Voilà ce que nous avons envoyé.

Est-ce qu’à date vous avez obtenu des réponses ?

Nous, nous avons fait une requête pour attirer l’attention de la communauté régionale et internationale sur les dangers qui guettent notre pays en ne prenant les problèmes à bras le corps pendant qu’il est temps. Donc nous ne pouvons pas nous attendre à des réponses directes. Ce que nous souhaitons, ce qu’il ait une réactivité de la communauté internationale pour prendre la question de la Guinée comme étant une question essentielle pour restaurer la stabilité de la région.

Parce que si la Guinée sombre, c’est l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest qui va sombrer avec elle. Et c’est extrêmement préjudiciable pour l’ensemble de la communauté ouest africaine de ne pas prendre le problème de la Guinée avec toute la gravité qui devrait nécessiter. Donc ce que nous souhaitons par les faits, par les actes concrets, c’est que la communauté internationale montre sa détermination pour sauvegarder la sécurité internationale dans cette partie du monde, de tout faire pour ramener les autorités guinéennes à plus de pondération, de retenu et de sagesse pour envisager une sortie de crise susceptible de satisfaire aussi bien nos intérêts politiques que les intérêts de la région.

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com



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