Cameroun: Des leaders séparatistes en détention annoncent des négocations avec le pouvoir


C’est une annonce qui fait jaser au Cameroun depuis deux jours. Des négociations finalement pas si secrètes que ça car, à peine entamées, l’un des principaux leaders indépendantistes en a alerté l’opinion. Retour sur cette crise qui s’éternise et les difficultés des protagonistes à s’asseoir à la table des discussions.

En janvier 2018, Sisiku Julius Ayuk Tabé, alors président autoproclamé de l’État imaginaire de l’Ambazonie, et plusieurs de ses partisans sont arrêtés dans un hôtel d’Abuja au Nigeria et transférés dans la foulée à Yaoundé.

Dix-sept mois plus tard, au terme d’un procès houleux, ils sont condamnés à vie par un tribunal militaire pour sécession et terrorisme.

C’est donc de sa cellule que Sisiku Julius Ayuk Tabé apprendra la convocation par Paul Biya du Grand dialogue national, censé trouver des solutions à la désormais crise politico-sécuritaire dans les régions anglophones du Cameroun.

Lui comme le reste de du leadership ambazonien en exil n’y participeront pas. Les conclusions de ces assises qui consacrent entre autres un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest seront aussitôt, automatiquement rejetées par le gouvernement intérimaire de l’Ambazonie.

Entre temps, la crise n’a eu de cesse de s’enliser, en dépit de timides tentatives de médiations internationales, notamment de la Suisse.

C’est sur ces entrefaits que Julius Ayuk Tabé va surprendre son monde, en annonçant il y a deux jours, l’ouverture de négociations directes avec le pouvoir de Yaoundé pour un cessez-le-feu dans ces régions.

Une annonce accueillie avec circonspection dans une bonne partie de l’opinion publique anglophone. Et carrément rejetée par de nombreux autres leaders séparatistes qui contestent à Ayuk Tabé la légitimité de discuter avec le pouvoir de Yaoundé.



allafrica

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