Cameroun: Œuvres d’art africaines – L’Unesco dénonce le trafic illicite


Dans une déclaration en fin de semaine dernière, le sous-directeur général en charge de la culture regrette l’usage frauduleux du logo de l’institution dans cette vaste arnaque.

Plus d’un million d’euros (un peu plus de 665 millions de F) empochés. Tel est le montant du butin relatif à l’usage frauduleux du logo de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) dans une vaste opération de trafic d’œuvres d’art africaines qui sévit en ce moment. Selon Ernesto Ottone, sous-directeur général pour la culture, la fraude dure depuis deux ans et a déjà fait une vingtaine de victimes. L’Unesco a dénoncé la semaine dernière cette arnaque qui vise à utiliser son logo et son nom pour convaincre de l’authenticité des œuvres vendues. Les victimes sont en majorité des Français qui ont des liens avec l’Afrique. Cette utilisation donne l’impression que ce sont des transactions légales et autorisées par l’Organisation.

Faut-il le souligner, ce trafic se développe davantage sur Internet. Selon Ernesto Ottone, l’Unesco lancera en septembre prochain, une campagne de sensibilisation du grand public afin qu’il fasse plus attention avant d’acquérir ces objets culturels. Car cette vente illicite de biens culturels est souvent associée à d’autres crimes transfrontaliers et participe au financement du terrorisme. Les acquéreurs devraient en être conscients. Cela a été le cas dans le Nord du Mali où il y a eu une occupation des groupes armés extrémistes qui se maintiennent dans certaines zones.

Des sites archéologiques y ont été pillés. Dans la région de Gao par exemple, les manuscrits anciens volés à Tombouctou ont fait partie du financement des activités de ces terroristes qui occupent cette partie du pays. Le commerce de l’art africain est très prisé en Europe mais il repose en partie sur des transactions illégales. Ce qui relance la problématique du retour du patrimoine culturel africain. Un comité intergouvernemental existe à l’Unesco et offre ses bons offices de médiation entre les pays. La lutte contre ces transactions frauduleuses nécessite l’implication des pays africains. « Car dérober un objet d’art à travers un trafic frau- duleux, c’est dérober une partie de l’identité de la mémoire du pays concerné » .



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