Burkina Faso: Bassolma Bazie, porte-parole de la coalition des syndicats


« Ceux qui dirigent ce pays ne savent pas ce que c’est que le dialogue social »

Le deuxième jour de la grève des syndicats de la coalition de lutte contre la baisse du pouvoir d’achat a été marqué, à Ouagadougou, par une conférence publique à la bourse du travail sur le thème : « La gestion des ressources nationales ». Au cours de cette conférence, les syndicats de la coalition ont encore dénoncé la mal gouvernance et ses corollaires et interpellé le gouvernement.

« A l’image du Mali qui est en ébullition actuellement à cause des actes immoraux de leur gouvernement, au Burkina Faso, c’est la gestion des richesses qui pose problème. Nous avons des ressources limitées, c’est vrai, mais le grand problème, c’est leur gestion. De la corruption sur l’octroi des marchés en passant par la mauvaise gestion des ressources minières, nous reprochons aux autorités un manque d’intégrité, intégrité que l’on a reconnue au capitaine Sankara », a soutenu Souleymane Sow, Secrétaire général du SYNATEL, pour planter le décor de la conférence sur le thème : « Gestion des ressources naturelles au Burkina ».

A sa suite, Zakaria Bayiré, Secrétaire général adjoint du SNAID, a relevé dans sa communication que l’Etat n’a pas besoin de pressurer les travailleurs s’il y a de la volonté politique. Pour lui, le manque à gagner qu’il estime à plus de 2000 milliards de pertes est dû à la mauvaise gestion, la corruption, la mal gouvernance. Dans le secteur minier, dit-il, il y a près de 551 milliards de F CFA à recouvrer, selon une enquête parlementaire. A cela s’ajoutent la privatisation de l’ONATEL, le bradage du foncier, les chèques impayés, les fraudes douanières, les surfacturations, les scandales économiques, l’exonération fiscale des sociétés minières pour ne citer que ces exemples. « La communication que nous avons faites, l’objectif c’est de montrer qu’en réalité, dans notre pays, il y a des ressources qui peuvent être mobilisées pour le bonheur de notre peuple », a soutenu Zakaria Bayiré.

En tout cas, pour le porte-parole de la coalition, Bassolma Bazié, toutes ces révélations prouvent à suffisance que les dirigeants ne pensent pas au peuple et le peuple doit s’engager et prendre ses responsabilités. « Nous avons pris le bon chemin, le chemin de la responsabilité, le chemin de l’histoire et nous avons intérêt, conformément au drapeau dressé par nos devanciers, à continuer dans le même sens. Nous invitons tout simplement les travailleurs à rester solidaires, davantage déterminés et engagés », a-t-il soutenu. Aussi, a-t-il déploré la réduction drastique des frais de déménagement des magistrats, qui passe désormais de 2000 F CFA par Km à 20 FCFA par Km.

«Ceux qui dirigent ce pays ne savent pas ce que c’est que le dialogue social. Malgré que ces mesures drastiques aient été prises, le porte-parole du gouvernement est sorti dire que le gouvernement est prêt au dialogue. Voilà leur façon de dialoguer ; ça veut dire l’inconséquence, l’incohérence et l’incompréhension à tous les niveaux », a-t-il martelé. Pour lui, il n’est pas question d’accompagner un gouvernement pareil qui s’illustre dans la répression, la suspension des salaires, les coupures abusives. Avant de rassurer l’auditoire en ces termes : « Tous ceux qui ont été victimes de révocation, de suspension ou de coupures abusives seront rétablis dans leurs droits » . Pour ce faire, il invite tous les travailleurs à rester mobilisés car, la suite de la lutte sera communiquée très bientôt.



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