Burkina : La réconciliation est une nécessité, selon le président du HCRUN, Léandre Bassolé


Une délégation du Haut Conseil pour la réconciliation et l’Unité nationale (HCRUN), conduite par son président, l’ambassadeur Léandre Bassolé, a été reçue en audience ce vendredi 10 juillet 2020 par Sa Majesté le Mogho Naaba Baongho. Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre de la randonnée de paix de l’institution, avait à son ordre du jour, des sujets liés à la quiétude sociale.

Cette audience avec l’autorité coutumière qui n’est pas la première du genre, a permis aux responsables du HCRUN de faire le point à cette étape de la mission qui est confiée à l’institution. Il s’est donc agit de partager avec Sa Majesté, des questions de fond sur le processus de la réconciliation nationale.

« Nous sommes à une étape de la progression de notre mission qui nous commande de marquer cette pose-là pour partager avec lui, comme nous allons le faire dans les jours à venir avec d’autres, et comme nous l’avons déjà fait avec d’autres partenaires sociaux, nos réflexions, nos soucis et nos espoirs de l’institution », a expliqué l’ambassadeur Léandre Bassolé à sa sortie d’audience.

La réconciliation est une nécessité, une obligation pour les Burkinabè de travailler à répondre à cet appel du peule, poursuit-il. Cette réconciliation ne peut être pleine, entière et pérenne que si elle s’est assuré l’inclusivité de tous les Burkinabè, précise M. Bassolé.

Le président du HCRUN, Léandre Bassolé (à droite), posant avec Sa Majesté à la fin de l’audience

« Nous avons aussi échangé sur l’inclusivité, ce qu’elle signifie, comment nous devrions l’aborder, de manière à ce que nous soyons sûrs que personne n’a été laissée sur le bord de la route. Pendant que les consultations qui vont parler de questions nationales se passent, nous devons nous assurer que tout le monde est à bord et que nous arrivions enfin à parler le même langage », a exposé Léandre Bassolé, pour qui, l’inclusivité va jouer un rôle très important dans le processus de réconciliation.

De son avis également, il faut se poser les bonnes questions pour apporter les bonnes réponses pour ne pas faire fausse route.

Parmi les préoccupations abordées, l’éducation des jeunes. « L’éducation des jeunes, parce que sans éducation, les résultats, c’est ce que nous voyons aujourd’hui, ce que nous voyons dans la rue. Ceux qui agissent, n’agissent pas parce qu’ils le veulent, ils le font parce qu’ils n’ont pas eu la base qui leur permet de distinguer le bien du mal, d’établir une norme de valeur de la vie en société », analyse le président du HCRUN.

Léandre Bassolé appelle chaque Burkinabè à oeuvrer pour le vivre-ensemble, la cohésion sociale et la paix

« Pourquoi des jeunes vont se lever, parce qu’ils ne sont pas contents, aller brûler ce qui est l’emblème de notre identité, notre drapeau national. Pourquoi ? Parce qu’on ne leur a certainement pas enseigné ce qui s’est que le drapeau national. Donc, c’est une réflexion qui doit accompagner notre processus et nous conduire à, au finish, faire des propositions de changements à tous les niveaux pour que demain, cela ne se répète plus et pour que nous retrouvions notre goût de vivre ensemble, de partage, d’amour du prochain dans une société de paix et une société réconciliée avec elle-même », soulève le président du HCRUN.

La préoccupation foncière a aussi été évoquée par le responsable coutumier, permettant ainsi à Léandre Bassolé de la partager en indiquant que le foncier constitue une « bombe à retardement ». Dès lors, il faut travailler à ce qu’elle ne s’explose pas, préconise le président du HCRUN.

Pour Sa Majesté le Mogho Naaba Baongho, cette démarche du HCRUN est très noble ; d’où son adhésion à sa vision qui va dans l’intérêt général du peuple et du pays. Il a donc exhorté le HCRUN à pousser le diagnostic de la société pour des propositions de solutions.

O.H.L

Lefaso.net





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