Journée africaine de lutte contre la corruption: Déclaration du président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance



Ivoiriens,

Ivoiriennes.
Mes chers compatriotes,

Aujourd’hui Samedi 11 juillet 2020, la Côte d’Ivoire à l’instar des autres pays membres de l’Union Africaine, célèbre la Journée Africaine de Lutte contre la Corruption.

A titre de rappel, c’est en 2012 que la Côte d’Ivoire a ratifié les instruments internationaux de prévention et de lutte contre la corruption, notamment la convention de l’Union Africaine.

Cette année, la célébration de la Journée Africaine de Lutte contre la Corruption intervient dans un contexte spécial et particulièrement difficile pour notre pays.

D’un côté, il y a la pandémie de Covid-19 avec ces mesures barrières contraignantes et de l’autre, la perte brutale du Premier Ministre Amadou Gon COULIBALY qui plonge le pays dans un deuil national de huit (8) jours.

Du fait de ces contraintes, la célébration de la Journée Africaine de Lutte contre la Corruption est réduite à un strict minimum. D’autres manifestations suivront plus tard.

Cette année, le thème choisi par l’Union Africaine pour la Journée Africaine de Lutte contre la Corruption est : « Combattre la corruption par des systèmes judiciaires efficaces et efficients ».

Il est bon de noter que dès son engagement dans la lutte contre la corruption, la Côte d’Ivoire a pris des mesures fortes pour renforcer le système judiciaire en vue d’accroitre sa contribution dans la riposte contre les crimes économiques. Il s’agit notamment de :
– la prise de l’ordonnance n°2013-660 du 20 septembre 2013 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées ;
– L’adoption de la loi n° 2016-992 du 14 novembre 2016 relative à la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme ;
– L’adoption du décret n°2017-710 du 3 novembre 2017 instituant un pôle pénal financier qui aura spécialement en charge les procédures de lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et les infractions financières connexes caractérisées par l’utilisation de techniques financières complexes ;
– L’adoption de la loi N° 2018-573 du 18 juin 2018 Portant Régime Juridique du Gel des Avoirs Illicites ;
– La transformation de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême en une Cour des Comptes à part entière ; et
– La création plus récente du Conseil d’Etat et de la Cour de Cassation.
Tous ces efforts déployés par notre pays ont permis d’enregistrer des progrès significatifs en matière de lutte contre la corruption comme en témoigne la notation des organismes internationaux. Ainsi :
– concernant l’indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency International, qui évalue le niveau de la corruption dans 180 pays, la Côte d’Ivoire connait une progression significative passant de la 136ème place en 2013 à la 106ème place en 2019, soit un gain de 30 places en 6 ans ;
– la Côte d’Ivoire a également enregistré des performances remarquables au niveau du Millénium Challenge Corporation (MCC) où l’indicateur « contrôle de la corruption » qui était au rouge en 2013 avec un score négatif de (-0,28) est passé au vert depuis 2014 avec un score positif de 0,35 en 2019.

Chers Compatriotes,
Ces avancées notables enregistrées par notre pays ont favorisé la confiance des partenaires internationaux qui acceptent de nous accompagner dans cette mission. Cette confiance se matérialise par leurs différents appuis, notamment, dans l’opérationnalisation progressive du Pôle pénal financier.
Il est heureux de faire savoir que ces acquis contribuent à combattre efficacement la corruption et les infractions assimilées, comme en témoigne l’ouverture en décembre 2019 du premier procès pour corruption en Côte d’Ivoire.
Chers Compatriotes,
La lutte contre la corruption constitue un combat de longue haleine, car confrontée à de nombreux défis, nécessitant un engagement fort de tous les acteurs de la vie nationale.
C’est pourquoi, je voudrais inviter chaque citoyen à s’investir dans cette lutte, afin de créer une coalition nationale contre ce fléau aux conséquences désastreuses pour nos économies et nos sociétés.
Pour cela, j’en appelle au sens de la responsabilité des acteurs de l’administration publique, du secteur privé, de la société civile et des médias, pour qu’ils s’impliquent davantage dans cette lutte à travers la sensibilisation, l’éducation des populations, et surtout la dénonciation des faits de corruption.
Je voudrais particulièrement encourager les Autorités judiciaires de notre pays, à renforcer leur implication dans la répression des actes de corruption et d’infraction assimilées.
C’est ainsi que nous créerons, j’en suis persuadé, les conditions d’une émergence économique et d’un développement durable pour la satisfaction des besoins fondamentaux de nos concitoyens.
Bonne célébration à toutes et à tous.

N’golo COULIBALY
Commandeur de l’Ordre National



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