Campagne agricole 2020-2021 : 348 598 tonnes de céréales attendues dans la région du Nord


En ce début de saison agricole 2020-2021, Abdoul Karim Ouédraogo, directeur régional de l’agriculture et des aménagements hydro-agricoles du Nord, nous fait le point des préparatifs et des stratégies pour atteindre les objectifs de cette campagne, à travers une interview qu’il nous a accordée le mercredi 8 juillet 2020. Le directeur régional livre également ses attentes dans un contexte d’insécurité et de coronavirus dans la région du Nord.

Lefaso.net : Comment se présente la campagne agricole 2020-2021 ?

Abdoul Karim Ouédraogo : Sans détour, je vous dirais que nous sommes pleinement dans cette campagne, après avoir reçu quelques pluies qui ont permis aux producteurs de mener les premières opérations culturales que sont les labours et les semis dans les bas-fonds et sur les hautes terres. Après la distribution des semences aux producteurs ciblés, nous sommes en train de procéder à la distribution des intrants et des engrais. Nous avons observé un léger retard dans la desserte en eau de pluie, mais cela n’entachera en rien le bon déroulement des activités et nous espérons que sous peu, il y aura une régularisation des pluies avec une installation effective de la campagne.

Quelle est la production agricole attendue par la région du Nord pour cette campagne agricole ?

Cette année, il y a une particularité dans cette campagne agricole. Le président du Faso a lancé une initiative pour la production d’un million de tonnes de riz. Au Nord, en termes de production céréalière, nous prévoyons 348 598 tonnes (dont 32 498 tonne de riz), en production de rente 40 475 tonnes, et les autres cultures vivrières 53 280 tonnes. Pour nous accompagner, l’Etat a mis à la disposition de nos producteurs 496 tonnes de semences toutes spéculations confondues, 1 636 tonnes d’engrais (NPK, Urée, DAP) et des produits phytosanitaires pour faire face aux éventuelles attaques. Les partenaires au développement de la région se sont aussi manifestés pour nous aider à atteindre les objectifs de la campagne.

Je citerai entre autres SOS Sahel, le PAM, la FAO, la CRA, qui nous ont aidés avec l’aménagement et la mise en valeur de plusieurs hectares de terres, l’acquisition de semences et d’engrais etc. De façon générale, dans notre programmation, il y a des activités comme l’aménagement de bas-fonds, la production végétale, la gestion et prévention des crises alimentaires et nutritionnelles, les investissements communautaires et le renforcement des capacités des acteurs.

Des productrices de Yibi (Passoré) préparant leur lopin de terre

Dans le contexte d’insécurité et de Covid-19, avez-vous imaginé des stratégies à déployer pour atteindre vos objectifs ?

Effectivement, la situation sécuritaire et sanitaire va sans doute jouer sur nos efforts, mais nous développons des stratégies pour nous permettre d’avoir une production à la hauteur de nos attentes. Pour les activités communautaires, des partenaires nous ont appuyés avec du matériel de protection sanitaire en cette période de coronavirus.

Nous essayons de mettre en place une stratégie de communication avec l’implication de tous les partenaires pour mieux véhiculer les informations nécessaires afin que les producteurs disposent des techniques nécessaires pour la conduite des activités sur le terrain. J’ajouterai que notre ministère a mis à notre disposition des outils de communication bien élaborés que nous diffuserons tout au long de la campagne par le canal des radios locales.

Qu’est ce qui est prévu pour les personnes déplacées internes des provinces du Loroum et une partie du Yatenga ?

La situation des Personnes déplacées internes (PDI) reste au centre de nos préoccupations. Sur l’ensemble de la région, ils sont un peu plus de 60 000 déplacés que l’on retrouve majoritairement dans les zones de Kossouka, Séguénéga, Titao et Ouahigouya. Nous avons instruit nos directions provinciales, avec l’appui des collectivités territoriales, d’approcher les propriétaires terriens afin d’obtenir des terres cultivables au profit des déplacés. A propos, un atelier régional a été organisé avec le PAM qui a abouti à des résultats favorisant le cas des PDI. Au niveau étatique, des soutiens multiformes sont mis à la disposition de ces derniers afin qu’ils puissent assurer une production avec le minimum acceptable.

Des sols bien aménagés par des producteurs en attente de pluies

Un mot sur la campagne sèche ?

Pour la campagne sèche, il faut rappeler qu’elle est le prolongement de la campagne humide. La région du Nord est réputée dans cette production de contre-saison, ce qui augmente les prévisions agricoles et permet aux producteurs de ne pas rester dans l’oisiveté trop longtemps. Nous sommes d’ailleurs dans la dynamique de cette production. Pour la campagne passée, plusieurs sites ont été aménagés au profit des jeunes et des femmes dans le cadre du Projet d’appui au développement des économies locales (PADEL) avec des aménagements, des réhabilitations des retenues d’eau, etc.

Quels sont vos conseils aux acteurs du monde agricole en ce début de saison des pluies et pour la suite de la campagne ?

De prime abord, nous voulons rassurer les producteurs qui s’inquiètent en leur disant qu’ils sont dans les normes du temps de la saison. Nous espérons que très bientôt, les pluies vont s’installer de façon régulière au regard des prévisions météo et nous souhaitons que la répartition dans le temps et l’espace soit une réalité afin que les cultures reçoivent les quantités d’eau nécessaire pour leur développement et l’achèvement de leur cycle. Nous allons demander aux producteurs de suivre nos conseils à travers les réseaux d’encadrement.

En cas de problème, que les producteurs n’hésitent pas à contacter les chefs de zone où d’unités et pourquoi pas les directions provinciales ou la direction régionale. Nous allons croiser les doigts pour une bonne pluviométrie dans la région du Nord et dans tout le Burkina, une bonne santé aux producteurs afin qu’ils puissent bien travailler dans les exploitations agricoles pour de bonnes récoltes. Que Dieu nous éloigne de ce phénomène d’insécurité et que la Covid-19 soit éradiquée afin de ramener une dynamique sociale importante pour un développement socio-économique de notre région.

Propos recueillis par Yann NIKIEMA

Lefaso.net





Burkina

A lire aussi

Laisser un commentaire