Cameroun: Adamaoua – La menace des serpents


511 cas de morsures enregistrés en 2019. Et un nombre important de décès cette année à Meiganga, département du Mbéré.

Depuis deux jours, Aboubakar Youssoupha, habitant du quartier Sabongari à Meiganga, a perdu le sommeil. Il a d’ailleurs changé de lieu d’habitation pour se retrouver aujourd’hui au quartier Bonabéri en plein centre-ville où le risque de se faire mordre par un serpent est moins grand. « Nous avons très peur de dormir ces derniers temps à cause de ces reptiles », confie notre interlocuteur. Face à cette situation récurrente, Abdoullah Nana Gandou, ancien conseiller municipal de Meiganga a donné l’alerte sur le réseau social Facebook le 11 juillet. Normal, il a perdu deux membres de sa famille des suites de morsure de serpent. « Les quartiers Sabongari et Zandaba sont des lieux où le phénomène est en hausse. Je pense que les autorités devraient se pencher sur la question », indique notre interlocuteur.

Dans l’ensemble de la région de l’Adamaoua, les populations des zones rurales sont les plus exposées. La menace est réelle et comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus des têtes des uns et des autres. On risque d’être mordu dans les champs, à la recherche de bois de chauffe. Et même dans les habitations, l’on n’est point en sécurité. Des vipères, reptiles très venimeux, s’infiltrent dans les domiciles la nuit à la recherche de souris. Au passage, elles piquent les occupants des ménages couchés sur des nattes à même le sol. Pour ces communautés agropastorales, la situation est difficile. Leur bétail en fait aussi les frais. « Les conséquences sont énormes et les bergers en souffrent », poursuit Bello Sardi, élite de Wassandé.

D’après les informations obtenues auprès de la coordination régionale des maladies tropicales négligées (Mtn) pour l’Adamaoua, l’on a enregistré en 2019, 511 cas de morsures de serpents avec 20 décès dans la région. Ngaoundéré rural à lui seul a enregistré 100 cas, suivi de Meiganga avec 81 cas, et Ngaoundal, 70 cas. Les villes de Bankim, Banyo et Tibati viennent respectivement avec 26 cas, 32 cas et 67 cas. En 2020, ces chiffres sont à la hausse et le phénomène inquiète plus d’un. « En l’espace de six mois, on a déjà enregistré de nombreux décès à cause du venin de ces reptiles », relève Hamadjam Alim, point focal régional Mtn. La situation inquiète d’autant plus que la disponibilité des antivenimeux n’est pas toujours au rendez-vous dans les heures qui suivent la morsure.



allafrica

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