Cameroun: « Nous leur apportons une touche de civisme »


Paul Biya, délégué départemental des Transports pour le Mfoundi.

Pourquoi former les conducteurs de moto-taxis en ce moment ?

Le transport par moto-taxi regroupe beaucoup de récalcitrants et nous faisons face à plusieurs résistances lorsqu’il est question de les ramener à l’ordre ou d’être en règle sur instruction de notre haute hiérarchie. C’est ainsi que nous avons eu la chance d’avoir le promoteur du Groupe Afrique Moto qui a pris sur lui l’initiative de préfinancer la formation et les frais des dossiers des candidats. À la suite de cette formation, les différents candidats vont rembourser ces fonds. À côté de ces efforts financiers, le ministère des Transports a organisé des activités de sensibilisation sur le terrain. En compagnie des présidents des syndicats de ce secteur du transport, nous avons pu mettre la main sur plus de 650 candidats. Samedi dernier, 300 ont passé leur examen de permis de conduire de catégorie A.

Cette opération va-t-elle se poursuivre ?

Une première vague de 500 candidats a été formée en décembre 2019. L’opération se poursuit dans les mêmes conditions. C’est-à-dire une sensibilisation accentuée sur le bienfondé de l’obtention ou la détention d’un permis de conduire. Malgré les difficultés nous les rassurons sur la facilitation des procédures. C’est un milieu dans lequel les acteurs ne sont pas réceptifs. Parfois, lorsqu’on arrive pour les sensibiliser, ils sont occupés à mener leurs activités. Et ne veulent pas nous écouter. Ils n’hésitent pas à nous lancer des mots qui peuvent nous décourager. Mais nous nous préparons moralement avant d’entamer cette descente. Sinon, dans l’ensemble, la sensibilisation finit par porter des fruits. C’est cela qui nous booste à continuer cette opération dans les prochains mois.

Les formateurs travaillent-ils aussi sur les mentalités des conducteurs de moto-taxis dans ces formations ?

Ces formations visent, non seulement à leur inculquer des notions de transport, c’est-à-dire la connaissance du Code de la route, mais également à apporter une touche de civisme qui va les emmener à être professionnels. C’est pourquoi, les volontaires, vont eux-mêmes dans les auto-écoles agréées se former avant de se présenter à l’examen. Mais pour la majorité, il s’agit de les recenser et de procéder à des formations spéciales : Une sorte de recyclage. Il faut reconnaître qu’ils ont déjà une petite connaissance de la conduite. Mais il faut juste apporter d’autres éléments tels que la bonne connaissance du Code de la route et améliorer leur comportement sur le terrain.



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