Cameroun: Accès aux logements sociaux – La situation au pays passée en revue


L’étude réalisée par l’Institut national de la statistique et rendue publique vendredi dernier révèle que l’offre actuelle est inaccessible à de nombreux ménages.

Un ménage sur huit est potentiellement capable d’accéder à la propriété sans apport de l’Etat. Telle est l’un des constats dressés par l’Institut national de la statistique (Ins), au terme de l’étude sur l’offre et la demande en logements sociaux et parcelles à usage d’habitation. Une étude menée de 2016 à 2018 à travers le pays à la demande du ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu). L’étude renseigne également que seuls les foyers ayant un niveau de revenus mensuel au moins égal à 200 000 F sont capables de financer l’acquisition de leur logement. Très peu de fonctionnaires, en début de carrière, peuvent s’offrir un toit. Et seules les personnes disposant d’un revenu de 376 000 F peuvent avoir accès à un prêt, de 19 à 25 millions de F.

Ces résultats et bien d’autres ont été rendus publics vendredi dernier à Yaoundé, au cours d’un atelier présidé par Mathurin Nna, secrétaire général du Minhdu et de plusieurs acteurs du domaine. Comme l’a expliqué Joseph Tedou, directeur général de l’Ins, le rapport s’est appuyé sur les résultats des enquêtes camerounaises auprès des ménages de 2014 et de 2016. Selon lui, ces constats visent à réorienter la politique du logement au Cameroun. La résolution de la forte demande en logements notée en milieu urbain est aussi visée. Car en 2016 par exemple, cette demande était estimée à 1 750 000 logements, alors que l’offre tournait autour de 540 000 habitations. A côté des constats et des leçons tirées, l’Ins propose au gouvernement « d’accroître substantiellement et durablement l’accessibilité physique et financière aux logements ». Il a été proposé au ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières d’accélérer la mise en place des schémas directeurs d’aménagement et d’affectation des terres, tout en renforçant le pouvoir des collectivités locales dans le contrôle des transactions foncières. Pendant ce temps, le Minhdu a, entre autres été invité à faciliter l’accès au logement pour les ménages à faible revenus. Au ministère des Finances cette fois, l’Ins demande de revoir les conditions d’accès au crédit immobilier.

Après la présentation des résultats de l’étude vendredi, les travaux en commission sur les intrants de la production de logement et sur le financement de ces habitations avaient pour objectif de permettre au Minhdu, de revoir sa politique d’habitat social, afin qu’un grand nombre de Camerounais aient un logement décent.



allafrica

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